Wawrinka à la table des grands ?

Stan Wawrinka est encore loin d’avoir le palmarès de Roger Federer ou de Rafael Nadal. Il ne l’aura jamais. Mais le Suisse est devenu dimanche le premier joueur à remporter deux titres du Grand Chelem depuis l’avènement du "Big Four" (Federer, Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray), qui cannibalise les grands titres depuis 2004. Un an et demi après un premier sacre majeur à l’Open d’Australie 2014, il a soulevé contre toute attente la coupe des Mousquetaires de Roland-Garros en balayant le n°1 mondial serbe en finale (4-6, 6-4, 6-3, 6-4).

D’autres joueurs ont réussi à profiter des quelques miettes laissées par ce quatuor infernal, comme Juan Martin Del Potro à l’US Open en 2009 et Marin Cilic, toujours à New York, la saison passée. Mais cela reste des exploits sans lendemain, pour le moment. Wawrinka, lui, a confirmé. Il rejoint même Murray au nombre de titres en Grand Chelem (le Britannique a gagné l’US Open en 2012 et Wimbledon en 2013) et étoffe son palmarès depuis un an et demi, avec une première victoire en Masters 1 000 (Monte-Carlo 2014), la Coupe Davis avec la Suisse en novembre dernier, sans oublier la médaille d’or olympique conquise en double avec Federer à Pékin en 2008.

" Je ne suis pas à leur niveau parce que cela fait 10 ans qu'ils sont là et qu'ils ont tout gagné , a rappelé Wawrinka en conférence de presse dimanche soir. Mais je suis suffisamment bon pour avoir gagné deux titres du Grand Chelem et pour les avoir battus sur des gros tournois. Quoi qu'il arrive, le Big Four sera toujours le Big Four. Est-ce que je cherche me comparer à eux ? Non. J'essaie d'avancer, de progresser et de les battre quand je les joue. "

Pour réellement prétendre à intégrer ce "Big Five", Wawrinka a besoin de constance dans ses résultats. " J'ai de grands hauts et de grands bas ", a-t-il convenu pour expliquer une carrière en dents de scie et son émergence plus tardive à un très haut niveau de performance. Le Suisse ne voit pas ce deuxième titre en Grand Chelem " comme une confirmation " ou ticket d’entrée au banquet des grands. " Pour moi, ça reste quelque chose d'exceptionnel, de spécial, d'unique. Gagner à Paris, ce tournoi que j'avais remporté en juniors, c'est fabuleux ", a-t-il ajouté, comme pour confirmer le caractère irrationnel de ce qu’il vient d’accomplir. Le « Big Four » évolue dans l’irrationnel depuis dix ans. Wawrinka, pas encore.