Sharapova va rejouer dès lundi une exhibition

Reuters

La Russe Maria Sharapova, dont la suspension pour dopage au meldonium a été réduite mardi de deux ans à quinze mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS), va faire son retour sur les courts dès lundi lors d'une exhibition à Las Vegas (Nevada).

Sharapova va participer aux World Team Tennis Smash Hits, destinés à recueillir des fonds pour la Fondation Elton John pour la lutte contre le sida.

"Je suis vraiment impatiente de revenir sur les courts pour une cause si importante, cela faisait longtemps que je voulais participer à cette épreuve", a-t-elle expliqué.

L'ancienne N.1 mondiale aura pour partenaires des légendes du tennis comme John McEnroe, Andy Roddick et Martina Navratilova.

Sharapova n'est plus apparue sur un court de tennis depuis l'Open d'Australie 2016, où elle avait été éliminée en quarts de finale par sa grande rivale Serena Williams.

Durant ce tournoi, elle avait fait l'objet d'un contrôle antidopage positif au meldonium, médicament placé le 1er janvier sur la liste des produits prohibés par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Elle avait initialement écopé d'une suspension de deux ans par la Fédération internationale de tennis (ITF), mais le Tribunal arbitral du sport (TAS), l'instance suprême de la justice sportive, l'a ramené mardi à quinze mois.

Son retour sur le circuit féminin aura donc lieu le 26 avril 2017.

La Fédération internationale a "voulu faire un exemple"

Maria Sharapova a accusé la Fédération internationale de tennis (ITF) d'avoir "voulu faire un exemple".

"Je n'ai jamais voulu le croire mais je commence à penser que" la Fédération internationale a "voulu faire un exemple", a-t-elle déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision américaine PBS diffusé mardi soir.

"L'ITF m'a infligé une suspension de 24 mois mais elle voulait initialement me suspendre quatre ans", a-t-elle rappelé, en présentant la décision du TAS comme "un désaveu" pour l'ITF.

"Les membres de la commission d'arbitrage qui m'ont auditionnée il y a quatre/cinq mois à Londres ont été choisis par l'ITF, cela n'est pas gage de neutralité à mes yeux. Je suis allée à cette audition en sachant que les gens à qui j'allais parler avaient été choisis par ceux avec qui j'avais un différend", a poursuivi l'ancienne N.1 mondiale.

"Le TAS est une instance neutre et ils ont ramené ma suspension à quinze mois", a-t-elle fait remarquer.

L'ITF a répondu mercredi à ces accusations dans un communiqué cinglant en assurant qu'elle "n'avait pas essayé de suspendre Mme Sharapova pendant quatre ans".

"C'est la commission d'arbitrage qui a dû décider si le cas de Mme Sharapova justifiait une réduction de la suspension, par défaut, de quatre ans en cas de recours à une substance dopante du type du meldonium", a-t-elle rappelé.

En ce qui concerne la composition de cette commission, "Mme Sharapova et ses conseils avaient le droit de récuser tout membre et ils ont fait le choix de ne pas le faire", a-t-elle indiqué.

Sharapova, 29 ans, a admis qu'elle ne considérait "toujours pas" le meldonium, placé sur la liste des produits prohibés depuis le 1er janvier, comme une substance améliorant les performances.

"C'est un médicament tellement couramment utilisé en Russie et dans d'autres pays d'Europe de l'Est, il est sur la liste des médicaments essentiels comme l'ibuprofène. On le prend comme une aspirine en Russie (...) Des millions de personnes en prennent en Russie, mes grand-parents aussi", a-t-elle rappelé.