Roland-Garros: avec Konta, la Grande-Bretagne est de retour

Reuters

Après quatre tentatives et autant d'échecs au premier tour du Grand Chelem parisien, la jeune femme de 28 ans et classée 26e à la WTA s'est hissée mardi dans le dernier carré en foudroyant la finaliste américaine de l'an dernier Sloane Stephens (7e) 6-1, 6-3.

Aucune de ses compatriotes n'était parvenue à ce stade du tournoi depuis Jo Durie en 1983.

"Je suis très fière d'avoir joué à ce niveau contre l'une des meilleures joueuses du monde", a déclaré la jeune femme née à Sydney (Australie) et devenue britannique en 2012.

"Il n'y a pas grand chose à faire face à quelqu'un qui joue comme ça", a humblement confirmé l'Américaine.

Konta affiche 15 victoires sur terre battue cette saison, soit le 2e plus grand total derrière la Croate Petra Martic (16), battue mardi par la Tchèque Marketa Vondrousova qui sera donc la prochaine adversaire de la Britannique.

Même si elle a été affaiblie par une maladie les premiers jours, Konta joue un très bon tennis depuis le début de la quinzaine parisienne. Et cette année elle avait déjà remporté ses deux précédentes confrontations avec Stephens, à Rome (terre battue), et à Brisbane (dur).

La recette de ces succès, pour la joueuse qui aime s'adonner à la pâtisserie, est "l'acceptation".
                  
- "J'accepte" -                  
                  
"J'accepte les points longs, j'accepte les points courts. Je ne force pas les choses, je suis plus malléable, j'accepte ce qui arrive pendant les matchs", explique-t-elle.

Avec ce nouvel état d'esprit, elle espère bien ne pas en rester là: "bien-sûr, je crois toujours pouvoir aller au bout et j'ai déjà joué deux demi-finales de Grand Chelem, alors je connais cette sensation de vouloir gravir une marche de plus", déclarait-elle après sa qualification pour les quarts.

Elle jouera jeudi sa troisième demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem, après l'Open d'Australie 2016 et Wimbledon 2017, année où elle a atteint son meilleur classement WTA (4e).
                  
- "La joueuse que je veux être" -                  
                  
"Je suis très contente de la façon dont je m'entraîne et dont je travaille tous les jours", a affirmé la joueuse qui est coachée depuis octobre dernier par Dimitri Zavialoff. "Il a été génial en m'encourageant simplement et en me laissant jouer de la façon dont je voulais jouer, sans me contraindre ou me réfréner", précise la Britannique, ravie d'être désormais "la joueuse (qu'elle) veu(t) être".

"Plus que tout, je m'amuse à jouer au tennis", lance-t-elle.
Par rapport à d'autres joueuses de son âge, Konta a mis du temps à éclore sur le circuit principal de la WTA, son classement la cantonnant au circuit ITF quand la plupart des joueuses actuelles du Top 50 étaient déjà au niveau supérieur.

"Quand je me retourne sur cette période, je ne peux la regarder qu'avec une certaine affection, parce que c'est par elle, à n'en pas douter, que je suis arrivée là où j'en suis".

Pour le reste, elle reconnaît volontiers trouver du "glamour" à son mode de vie casanier. Au point de louer le même appartement à Paris lorsqu'elle vient pour Roland-Garros.

"J'essaye au maximum de vivre dans des endroits où je peux couper un peu (avec le monde du tennis). Souvent, au cours de l'année, nous logeons dans les hôtels officiels (de l'organisation, ndlr) et ils ressemblent un peu à des players lounges, ce qui est un peu fatiguant. Alors depuis cinq-six ans, je viens dans cet appartement, j'aime y habiter", a-t-elle expliqué.

Un appartement où elle ne dispose pas de télévision et ne pourra donc pas voir le match de sa prochaine adversaire.