Zidane retrouve son Real, son banc et son Bernabeu

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Après neuf mois sabbatiques, le Français (46 ans) a été rappelé en sauveur lundi à la tête de l'équipe merengue, en pleine déconfiture cette saison, avec le défi de remobiliser et reconstruire l'effectif de la "Maison blanche". 

Et c'est comme s'il n'était jamais parti. 

Comme avant, "ZZ" a enfilé ses survêtements aux couleurs du club et ses crampons fluos. Comme avant, ses adjoints David Bettoni et Hamidou Msaidie l'épaulent à Valdebebas, le centre d'entraînement du Real dans l'est de la capitale espagnole.

Et comme avant, les stars madrilènes transpirent et travaillent sous la direction apaisée du "Mister" marseillais, qui a été leur guide au fil de trois sacres consécutifs en Ligue des champions (2016-2018).

"Je suis heureux de revenir à la maison", a savouré Zidane. "Je veux retourner au travail et ramener ce club là où il mérite d'être."
                  
Long chantier                 
                  
Sous contrat jusqu'en 2022, "Zizou" entame un long chantier: la priorité est d'abord de redresser l'inquiétante trajectoire du Real, qui a quasiment abandonné toute chance de trophée majeur cette saison sous les ordres de son prédécesseur Santiago Solari.

Avant la 28e journée ce week-end et à onze matches de la fin de la Liga, le Real (3e, 51 pts) est confronté à un défi quasi impossible: tenter de refaire son retard de 12 points sur le leader Barcelone (1er, 63 pts).
Après sa nomination en 2016, le magicien Zidane y était presque parvenu: il avait progressivement grignoté un retard de 12 points pour échouer à une petite longueur du Barça. Peut-il faire encore mieux cette fois-ci ? 

Collectivement, l'objectif immédiat des Madrilènes est de consolider leur présence parmi les quatre premières places de Liga, qualificatives pour la prochaine Ligue des champions.

"Ces onze matches sont aussi importants pour préparer la prochaine saison", a souligné Zidane, qui va vivre ce week-end son 150e match sur le banc merengue.

Individuellement, beaucoup de joueurs ont intérêt à briller pour se faire une place dans le nouveau projet. A l'image de deux bannis de l'ère Solari, le meneur de jeu Isco et le latéral Marcelo, qui ont accouru à Valdebebas mardi pour s'entraîner en solitaire alors que les joueurs avaient quartier libre.

"C'est une bonne nouvelle pour tout le monde qu'il revienne au Real", a commenté Isco jeudi. "Et qu'il revienne dans un moment compliqué en dit long sur lui."
                  
Première recrue

Clin d'oeil du destin, le deuxième acte de Zidane commence samedi face au Celta, alors que son premier mandat avait également débuté face à une équipe galicienne, le Deportivo La Corogne. Son Real s'était imposé 5-0.

Au vu de la tournure de la saison, on pouvait s'attendre à un stade frondeur et bouillonnant samedi. Ce sera tout l'inverse: le Bernabeu et ses 81.000 supporters vont communier avec l'icône "Zizou", à condition que le sursaut de l'équipe soit perceptible sur la pelouse.

Hors des terrains, le travail de reconstruction du Français a aussi commencé, avec l'objectif de préparer la saison prochaine.

Jeudi, le club a annoncé la première recrue de la nouvelle ère Zidane: le défenseur international brésilien Eder Militao, qui arrivera de Porto cet été en échange de 50 M EUR. 

Avec le jeune attaquant brésilien Rodrygo (Santos), ce sont pour l'instant les deux renforts assurés pour l'an prochain. Mais la machine à rumeurs tourne à plein: les noms d'Eden Hazard (Chelsea), Kylian Mbappé (PSG), Neymar (PSG), Paul Pogba (Manchester United) ou Christian Eriksen (Tottenham) ont été évoqués.

Selon la presse espagnole, Zidane disposerait des "pleins pouvoirs" sportifs et d'une enveloppe financière estimée à 500 millions d'euros. De quoi rebâtir sa "Maison blanche", du sol au plafond.