Paris abat un Lyon mordant

AFP

Si le PSG a rejoint Bordeaux, Toulouse et Lille dans le dernier carré de la compétition dont il est double tenant du titre, c'est grâce à un exploit de sa recrue star, qui a parcouru la moitié du terrain balle au pied à toute vitesse pour servir Lucas, lui aussi tout juste entré et sérieux dans la finition (73e).

Cette course de Di Maria et sa nouvelle passe décisive montrent l'élan qu'il peut insuffler dans un match, puisqu'il a aussi multiplié les situations chaudes dans ce dernier quart d'heure.

Cette action dénouait le sort d'un match crispé, intense à défaut d'être très spectaculaire, mais en tout cas loin du sens unique observé lors du 5-1 infligé à l'OL mi-décembre en championnat.

En 2016, Lyon a facilement disposé de Limoges (CFA2, 5e div.) en Coupe de France (7-0) et de Troyes, dernier de la L1 (4-1). 
Le club, de son président Jean-Michel Aulas au nouvel entraîneur Bruno Genesio, avait fait du derby contre Saint-Etienne dimanche la priorité de la semaine.

Et de fait, l'arme offensive N.1, Lacazette, était laissée sur le banc au coup d'envoi, au profit de Beauvue. Mais la stratégie lyonnaise du parapluie comportait une part de bluff, et la balade parisienne annoncée a finalement pris la tournure d'une randonnée en montagne.

Aulas furieux                  
                  
Méconnaissable, le PSG, avec notamment un milieu Verratti-Rabiot-Stambouli de peu d'impact, où le repos accordé à Thiago Motta et Matuidi s'est fait ressentir, et un duo d'attaque Cavani-Lavezzi imprécis et rarement servi.

Cavani ? Absent lors du dernier match de 2015 (victoire 3-0 à Caen en L1), il n'était pas sorti du banc pour la reprise en championnat contre Bastia (2-0), et Laurent Blanc a parlé de "problème de comportement" de sa part. 

Le buteur uruguayen n'a eu qu'une occasion nette, une frappe bien sortie par Gorgelin (68e), s'est montré généreux dans l'effort, mais n'a, une nouvelle fois, pas fait oublier Ibrahimovic, ménagé.

Pastore a distillé quelques bons ballons, comme cette belle ouverture pour Lavezzi qui enlevait trop sa frappe (6e). C'est peut-être là la principale satisfaction parisienne: le retour pour de bon du "Flaco" et de sa technique soyeuse après des semaines de pépins physiques.

Il fallait un cafouillage et un fait de jeu pour que Paris ouvre le score, par Rabiot, alors que le ballon était auparavant entièrement sorti de l'aire de jeu (17e). De quoi faire enrager M. Aulas, qui n'a pas manqué de s'en ouvrir auprès de l'arbitre à la pause.

Paris peinait pour se créer des occasions nettes; Lyon, moins: Beauvue butait sur Sirigu (23) mais Tolisso, après une frappe dévissée seul au deuxième poteau (15e), ne manquait pas sa deuxième chance pour égaliser (42e), oublié par Rabiot.

Les Lyonnais, très vaillants pendant une heure, ont fini par plier et le PSG a pris les commandes de la dernière demi-heure. Ce qui en soi, dans une France de foot sous hégémonie parisienne, ressemble à un motif d'espoir pour l'équipe de Genesio. 

Notamment en vue du derby dominical.