Italie-Espagne, l'autre "BBC" contre l'autre "MSN"

Reuters

"BBC" contre "MSN", c'est l'habituelle affiche des clasicos Real-Barça en Championnat d'Espagne. Mais l'Euro-2016 va aussi s'offrir un alléchant duel de trios lundi en huitième de finale: la défense italienne Barzagli-Bonucci-Chiellini face à l'attaque espagnole Morata-Silva-Nolito.                

"BBC", meilleure défense du monde ?                 

Pour l'Italie, cette triplette défensive vaut bien Bale-Benzema-Cristiano Ronaldo, trident offensif du Real Madrid. La "BBC" évolue ensemble depuis cinq saisons, à la Juventus Turin comme en sélection, devant le même gardien, Gianluigi Buffon.

"Je crois qu'eux plus +Gigi+, sans exagérer, forment la meilleure défense du monde", juge le milieu Daniele De Rossi. "Je ne pense pas qu'il y en ait de plus homogène, on ne peut pas trouver trois joueurs plus complémentaires dans le panorama mondial, et individuellement ils sont exceptionnels."

Dans ce trio, de droite à gauche, Andrea Barzagli (35 ans) tient le rôle du sage, toujours bien propre et placé, et Leonardo Bonucci (29 ans) celui du pivot.

Ce dernier est aussi le meilleur relanceur des trois, comme l'a prouvé sa passe décisive de 50 mètres pour le premier but de l'Italie dans le tournoi, pour Emanuele Giaccherini devant la Belgique (2-0).

Quant à Giorgio Chiellini (31 ans), nez cabossé et air renfrogné, il tient volontiers le rôle du guerrier, dur au marquage.

"Avoir une certitude comme la défense de la Juventus permet d'espérer", souligne le sélectionneur Antonio Conte.

Avec leur rigueur collective, ces trois-là ont étouffé les virevoltants avants belges et la Suède de Zlatan Ibrahimovic n'a pas cadré un seul tir en 90 minutes (1-0).

Cette complicité demande "beaucoup de travail, tactiquement, les trois s'entendent comme les doigts de la main et ils sont très bons techniquement", explique à l'AFP l'entraîneur de Nantes, René Girard, admirateur des belles défenses.

"Notre défense est saluée parce que nous nous aidons entre nous, d'autres défenseurs sont plus forts individuellement mais s'aident peut-être moins entre eux", juge Barzagli.

"Nous jouons depuis tant d'années ensemble", enchaîne Chiellini. "Mais la meilleure défense, c'est celle qui gagne, c'est ça la vérité", ajoute-t-il.                 

"MSN", trio offensif d'avenir ?                 

La ligne offensive a souvent été le point faible de l'Espagne ces dernières années mais le sélectionneur Vicente del Bosque semble avoir retrouvé un trio efficace avec l'avant-centre Alvaro Morata et les milieux offensifs Nolito et David Silva.

Certes, ces trois-là n'ont pas encore la complicité du trident "MSN" du FC Barcelone (Messi-Suarez-Neymar) mais leur entente va crescendo au fil des matches.

Co-meilleur buteur de la phase de groupe (3 buts), le jeune Morata (23 ans, 12 sélections) est un point d'ancrage, chargé de recevoir le ballon dos au but ou bien de prendre l'espace pour profiter des caviars des excellents milieux espagnols.

L'Italie le connaît bien: pendant deux saisons (2014-2016), Morata a joué à la Juventus, où il a dit cette semaine avoir noué "des amitiés pour la vie".

Et il a l'avantage de connaître par coeur la "BBC" italienne. "S'il va du côté de Giorgio (Chiellini) il sait qu'il risque de prendre une ou deux semelles!", a néanmoins plaisanté Barzagli.

"J'espère qu'il ne sera pas bon lundi mais qu'il sera bon tout le reste de sa carrière", a pour sa part lancé Chiellini.

Aux côtés de Morata, David Silva (30 ans, 102 sél.) reste un joueur différent, à la technique délicieuse, auteur d'une passe à l'aveugle qui a amené le but de son avant-centre contre la Croatie (1-2).

Et les Italiens se souviennent sans doute de l'ouverture du score réussie par le gaucher de Manchester City lors de la finale de l'Euro-2012 remportée par l'Espagne (4-0).

Enfin, Nolito (29 ans, 12 sél.) est un dribbleur atypique, aux crochets déroutants, qui pourrait être utile pour percer la robuste défense italienne.

Avec son aplomb et sa gouaille andalouse, l'ailier du Celta Vigo a promis des étincelles lundi: "Nous ne devons avoir peur d'aucune sélection, sincèrement", a-t-il prévenu.