Bordeaux reste sur sa faim avec Ménez

Reuters

Deux buts et une passe décisive en 15 matches, c'est peu pour l'international Jérémy Ménez censé apporter à Bordeaux une plus-value offensive mais qui a du mal à s'extirper d'un collectif en panne en cette fin d'automne.

Dans le football d'aujourd'hui, les attaquants sont souvent jugés au rendement, aux statistiques. Ménez, lui, n'a jamais été un grand buteur, hormis une pointe à 16 unités lors de sa première saison au Milan AC (2014-2015) avant une blessure au dos qui a pollué la fin de son bail en Lombardie.

Alors, quand en plus Ménez passe, en termes de statistiques bordelaises, derrière le Malien Cheick Diabaté, au style certes décrié mais tellement efficace (12 buts sur les six premiers mois de 2016 avant de partir dans le club turc d'Osmanlispor), on a tendance à surtout voir chez lui le verre à moitié vide.

Ménez, 29 ans, interroge depuis qu'il a rejoint la Gironde cet été. Le talent, il l'a, c'est sûr, les supporters des Girondins peuvent en attester en se remémorant ses dribbles déroutants, ses accélérations qui ont débloqué quelques situations comme face à Nantes, Nancy ou Dijon.

Revers de la médaille, les maux qu'on lui connait de nature ressurgissent fréquemment: attitude un brin nonchalante, peu de repli et d'aide défensifs, excès d'individualisme aussi dans le but, louable, de vouloir sauver l'équipe.

Dans la colonne débit, il y a aussi ce penalty manqué en fin de match à Guingamp (12e journée) alors que les Girondins menaient 1-0 avant de se faire reprendre sur le fil, de perdre deux points et une dynamique naissante.

Titulaire à part entière dans l'esprit de son entraîneur Jocelyn Gourvennec (13 fois en 15 matches de L1), soit en pointe soit en soutien des attaquants, l'ancien Parisien assurait début décembre que "tout n'est pas rose mais il y a beaucoup de positif dans notre jeu".

-Éloigner le scepticisme ambiant-

"Cela fait un ou deux matches où je me sens vraiment mieux, sur mes jambes, estimait-il. J'avais besoin d'avoir du coffre. Ma qualité première, c'est le dribble et la vitesse, ce qui me manquait. Je sens qu'aujourd'hui, ça revient et tout va rentrer dans l'ordre". 

Depuis, il y a eu deux revers successifs à domicile sans but marqué contre Lille (0-1) et Monaco (0-4), match qu'il a traversé telle une ombre, sans pouvoir peser ni sur le jeu ni dans le collectif. 

Cela fait des semaines que Gourvennec tâtonne pour trouver la bonne formule, et attend plus de ses joueurs cadres. 

"Je tente beaucoup de choses car il n'y a rien qui se dégage, pas d'équipe type, conséquence du fait qu'on est trop irrégulier. Le plus important est d'avoir un collectif qui fonctionne, on doit trouver un meilleur équilibre sur le plan collectif", résume le technicien.

Convié à s'exprimer lundi après la déroute monégasque, son partenaire Grégory Sertic, historique de la maison bordelaise qui a connu plusieurs crises, n'a pas mâché ses mots, en déclarant qu'"il n'y a plus trop de solidarité, on ne se bat plus les uns pour les autres, on n'est plus une équipe soudée". 

"Samedi, chacun voulait faire son petit numéro et malheureusement ça ne passe pas en L1. Les individualités pour faire la différence, on les a mais un joueur contre 11 ne fera rien", a poursuivi le milieu, sans nommer personne. 

Ménez était-il visé par cette sortie alors qu'il s'entend très bien avec Sertic et qu'il a retrouvé le sourire depuis quatre mois dans un groupe où il a avoué "se sentir bien" ? 

Il lui reste trois matches d'ici la trêve, dont deux face à Nice en Coupe de la Ligue mercredi puis en L1 dans une semaine, pour éloigner de nouveau le scepticisme ambiant.