COUPE DU MONDE 2018 : LA SUISSE SUR UNE BONNE DYNAMIQUE

Reuters

 

Qualifiée in extremis pour la Coupe du Monde de la FIFA en barrages contre l’Irlande du Nord (1-0 sur l’ensemble des deux matchs), la Suisse compte bien sortir de son groupe en Russie. Les Helvètes auront tout de même fort à faire, dans une poule où figure notamment le Brésil. Emmenée par des joueurs d’expérience et une jeunesse fougueuse, la Nati aura des arguments à faire valoir.

La Suisse disputera cet été sa onzième phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA. Après des débuts glorieux avec notamment trois quarts de finale (1934, 1938 et 1954), la Nati n’a jamais réussi à atteindre une nouvelle fois ce stade de la compétition. Elle reste actuellement sur un échec en huitième de finale au Brésil, tombée non sans combattre contre l’Argentine en prolongation (1-0). Pour décrocher son ticket pour la Russie, la Suisse a connu une phase de qualification quasiment maîtrisée de bout en bout. Sur ses dix rencontres, la Nati en a remportées neuf, mais a dû se contenter de la deuxième place, devancée par le Portugal à la différence de buts. En barrages, les Helvètes ont bataillé pour venir à bout de l’Irlande du Nord.

Gardiens : Yann Sommer (Borussia MönchANGladbach/ALL), Yvon Mvogo (RB Leipzig/ALL), Roman Bürki (Borussia Dortmund/ALL).

Défenseurs : Stephan Lichtsteiner (Juventus/ITA), François Moubaldje (TFC/FRA), Nico Elvedi (Borussia MönchANGladbach/ALL), Manuel Akanji (Borussia Dortmund/ALL), Michael Lang (FC Bâle/ALL), Ricardo Rodriguez (AC Milan/ITA), Johan Djourou (Antalyaspor/TUR), Fabian Schär (Deportivo La Corogne/ESP)

Milieux : Remo Freuler (Atalanta Bergame/ITA), Granit Xhaka (Arsenal/ANG), Valon Behrami (Udinese/ITA), Steven Zuber (Hoffenheim/ALL), Blerim Dzemaili (Bologne/ITA), Gelson Fernandes (Eintracht Francfort/ALL), DANis Zakaria (Borussia MönchANGladbach, SUI), Xherdan Shaqiri (Stoke City/ANG).

Attaquants : Breel Embolo (Schalke 04/ALL), Haris Seferovic (Benfica/POR), Mario Gavranovic (Dinamo Zagreb/CRO), Josip Drmic (Borussia MönchANGladbach/ALL)

Indispensable aux yeux d’Arsène Wenger cette saison à Arsenal, Granit Xhaka sera l’un des éléments clés de la Suisse en Russie. Le milieu de terrain a disputé les 38 rencontres de Premier League, avec pas moins de 37 titularisations. Auteur d’un but et de sept passes décisives, il a participé au rayonnement de son équipe, notamment par sa qualité de passes. Critiqué en début d’exercice pour ses prestations irrégulières, le joueur formé à Bâle est petit à petit monté en puissance avant de se voir offrir le brassard de capitaine pour la dernière de Wenger à Old Trafford.

Pièce maitresse du système de jeu mis en place par Vladimir Petkovic, le joueur suisse le plus cher de l’histoire peut se targuer d’avoir déjà participé à une Coupe du Monde, en 2014. Il avait alors marqué son seul but du tournoi face à la France, au premier tour. Insuffisant tout de même pour offrir la victoire à sa nation, qui s’était inclinée 5-2.

Au milieu des Didier Deschamps, Joachim Löw, Jorge Sampaoli et autre Tite, Vladimir Petkovic ne sera certainement pas le sélectionneur le plus connu en Russie cet été. Après une carrière de joueur entre la Yougoslavie et la Suisse, le natif de Sarajevo a entraîné plusieurs équipes locales comme les Young Boys, avant de s’envoler pour la Turquie et Samsunspor. Il a ensuite pris avec succès les rênes de la Lazio entre 2012 et début 2014, avec une Coupe d’Italie à la clé. Arrivé à la tête de la Nati après le Mondial au Brésil, il a mené son équipe jusqu’en huitièmes de finale de l’Euro 2016, avant d’être éliminé par la Pologne aux tirs au but.

Pour briller en Russie, Vladimir Petkovic pourra compter sur la majorité de ses éléments clés, mais devra composer sans Admir Mehmedi, insuffisamment remis d’une déchirure ligamentaire au pied. Réputé pour son jeu assez offensif, le sélectionneur devrait s’appuyer sur une équipe expérimentée, agrémentée de quelques joueurs prometteurs. Shaqiri, qui a longtemps porté la Nati sur ses épaules, pourra compter sur ses coéquipiers de longue date comme Dzemaili, Lichtsteiner, Rodriguez ou Sommer. Behrami, premier joueur suisse à disputer quatre Coupe du Monde, sera également un élément important. Zakaria, Akanji et Embolo, qui représentent le futur des Helvètes, pourront, de leur côté, apporter leur fraîcheur et engranger de l’expérience.

Sous l’impulsion de Vladimir Petkovic, la Suisse a gagné six places au classement FIFA, passant de la 12ème position à la sixième.

Pour passer le premier tour en Russie, la Suisse devra s’employer. Et pour cause, la Nati a hérité d’un groupe avec un épouvantail, le Brésil, et deux autres nations d’un niveau assez homogène, la Serbie et le Costa Rica, qui était parvenu à sortir du groupe de la mort en 2014 (Uruguay, Italie et Angleterre). Si le challenge paraît compliqué, la Suisse reste sur une série de 13 victoires sur ses 16 dernières rencontres. Elle avait cependant mordu la poussière contre l’un des seuls cadors affrontés lors de ces matchs, à savoir le Portugal. En préparation, elle a réussi à tenir tête à l'Espagne, 1-1.

Les Helvètes débuteront la compétition directement dans le dur, avec un choc contre le Brésil. Ils croiseront ensuite le fer avec la Serbie avant de retrouver le Costa Rica. Si la Nati termine deuxième de son groupe, elle affrontera, vraisemblablement, en huitièmes de finale, l’Allemagne. Autant le dire, un chemin de croix attend la Suisse en Russie.