Coupe du Roi - 16es aller: le Real retrouve l'envie avec Solari

AFP


Première sans frayeur pour Santiago Solari: l'entraîneur intérimaire du Real Madrid a réussi ses débuts (4-0) mercredi à Melilla (D3) en 16es aller de Coupe du Roi, alignant un onze rajeuni, avec l'épatant Brésilien Vinicius, pour redonner de l'allant à une équipe merengue en crise.

Et si le secret, c'était l'envie? Alors que Solari avait trivialement invité mardi son équipe à jouer "avec une grosse paire de c...", le Real s'est dépensé et imposé grâce à Karim Benzema (28e), Marco Asensio (45e+1), Alvaro Odriozola (79e) et Cristo (90e+2), avec une passe décisive de l'intenable Vinicius sur le second but.

Ce succès sur le sol de la petite enclave espagnole au Maroc aplanit la route des huitièmes avant le match retour début décembre mais il n'efface pas la gifle reçue dimanche dans le clasico à Barcelone (5-1). Le Barça, quadruple tenant de la Coupe du Roi, a pour sa part entretenu sa dynamique victorieuse (1-0) face à la Cultural Leonesa (D3) grâce à une tête du Français Clément Lenglet sur un coup franc déposé par son compatriote Ousmane Dembélé (90e+1).

Pour le Real, c'est un soulagement après une série noire de cinq défaites en sept rencontres toutes compétitions confondues, qui a été fatale à l'entraîneur Julen Lopetegui. Ce dernier a été limogé lundi et remplacé par Solari, lequel a deux semaines d'intérim pour convaincre.

"Dans les moments durs, on s'en sort comme ça, en tirant tous dans le même sens", a savouré l'entraîneur argentin. "Nous avons une équipe de grands champions qui savent quoi faire pour s'en sortir."
                  
Benzema montre la voie                  
                  
Tout le mérite de Solari, ex-technicien de la réserve, est d'avoir remobilisé son monde, d'autant que l'affiche avait tout du traquenard: terrain en mauvais état, pluie battante et adversaire surmotivé par la visite du club aux 13 sacres en C1.

C'est sans doute pour cela que l'Argentin a maintenu dans son onze de départ les piliers Karim Benzema et Sergio Ramos, chargés d'encadrer une équipe très rajeunie... avant de céder leur place à la pause, une fois le score acquis.

C'est le Français qui a montré la voie: Benzema a poussé au fond un centre rasant d'Odriozola (28e) pour confirmer son statut de meilleur buteur du Real cette saison (7 buts).

En méforme ces derniers temps, Marco Asensio s'est pour sa part libéré en catapultant au fond une offrande de l'extérieur du pied de la pépite brésilienne Vinicius (45e+1).
                  
Vinicius grand gagnant                 
                  
Ce dernier (18 ans) est sans doute le grand gagnant du changement d'occupant sur le banc du Real.
L'ancien ailier de Flamengo, arrivé cet été en échange de 45 M EUR, avait été jusque-là cantonné à la réserve merengue car Lopetegui le jugeait insuffisamment mûr. Mais Solari l'a emmené dans ses bagages et lui a offert sa première titularisation à l'échelon supérieur.

Vinicius a livré mercredi une copie alléchante de vivacité et de vista: coup de canon repoussé par la transversale (72e), talonnade dans la surface (78e) sur l'action du troisième but, signé Odriozola, slalom dans la défense adverse (81e), coup du foulard (88e)...

"C'est un grand talent mais il a à peine 18 ans", l'a protégé Solari. "Petit à petit il va grandir et mûrir. Tout le monde peut voir son talent mais le football ne se résume pas à ça."

Les Madrilènes devront évidemment confirmer leur sursaut samedi en Liga contre l'étonnant promu Valladolid. Mais le Real version Solari a retrouvé un petit coin de ciel bleu sous la pluie de Melilla.