Allemagne: Dortmund lance un défi au Bayern

Reuters

"Le Bayern a les meilleurs atouts au départ, mais nous voulons être un challenger à la hauteur et lutter pour le titre", affirme l'entraîneur suisse du Borussia Lucien Favre, à deux jours de l'ouverture de la saison, qui débute vendredi par un match avancé Bayern-Hertha Berlin.
Car à Dortmund, les dirigeants ont tiré les leçons de la désillusion de la saison passée: neuf points d'avance sur le Bayern avant Noël, pour finalement échouer au port et voir le "Rekordmeister" remporter un septième titre consécutif, record absolu en Allemagne.
Leçons "psychologiques". A force de cultiver l'humilité et de répéter que le titre n'était pas un objectif, les patrons du clubs ont été accusés d'avoir démobilisé leurs propres joueurs au moment crucial de la saison.
Leçons sportives. L'équipe de jeunes espoirs enthousiastes mais inconstants a été spectaculairement renforcée.
Abdou Diallo parti au PSG, Mats Hummels, champion du monde 2014, est de retour au bercail avec l'expérience de ses 30 ans et de trois saisons au Bayern.
"Ce qui m'a vraiment attiré, c'est le rôle que m'a proposé Aki Watzke", le patron du Borussia, dévoile Hummels: "être un joueur leader (...) prendre la responsabilité si parfois ça tourne mal, être là dans les situations difficiles et tirer les autres derrière moi".
                  
- Comment remplacer "Robbéry"?" -                  
Le club est également allé chercher trois internationaux nouvelle génération: les Allemands Nico Schulz (arrière latéral) et Julian Brandt (milieu offensif), ainsi que le Belge Thorgan Hazard (milieu offensif).
Tout en gardant les hommes clés de la saison passée, Manuel Akanji en défense, Axel Witsel comme plaque tournante, et bien sûr le capitaine Marco Reus, l'idole du Signal Iduna Park.
Face à ce mercato réussi, le Bayern a, au minimum, un temps de retard. En défense, le départ de Hummels est compensé par les arrivées de Benjamin Pavard et Lucas Hernandez. Mais devant, le club a perdu sans contrepartie ses légendaires Arjen Robben et Franck Ribéry, et laissé repartir à Madrid le Colombien James Rodriguez.
La semaine dernière, l'ambitieux Robert Lewandowski, qui rêve toujours d'accrocher une Ligue des champions à son palmarès, a tapé du poing sur la table: "Jouer toute une saison avec 13 ou 14 professionnels expérimentés, ça va être dur. Nous avons 50 ou 60 matches (...) et pour cela nous n'avons pas assez de joueurs".
Le directeur sportif Hasan Salihamidzic, responsable des transferts, est sous pression. Sur les réseaux sociaux, des fans réclament déjà son limogeage.
Il a finalement présenté mardi un attaquant: Ivan Perisic, le finaliste croate du Mondial, arrive de l'Inter Milan en prêt pour une saison. 
"Un plan B", "une solution de secours", tacle mercredi la presse, qui rappelle que le Bayern s'est accroché très longtemps à la piste Leroy Sané, compromise par la grave blessure du joueur début août: l'international allemand de Manchester City doit être opéré d'un genou et sera indisponible plusieurs mois.
                  
- Leipzig en embuscade -                  
Reste que le Bayern possède un effectif unique en Allemagne, avec notamment ses trois champions du monde Pavard, Hernandez et Tolisso, plus leur compatriote Kingsley Coman. 
Niko Kovac attend beaucoup d'eux et de ses cadres Manuel Neuer, Joshua Kimmich, Thomas Müller, Thiago Alcantara ou Leon Goretzka, qui sont toujours là.
Dans une interview à l'AFP, le capitaine des champions du monde 1990 Lothar Matthäus propose une comparaison: "Combien de joueurs de Dortmund auraient leur place au Bayern, et combien du Bayern seraient titulaires à Dortmund? Il y a clairement plus de joueurs de Munich qui pourraient jouer à Dortmund que l'inverse."
"Je suis certain que la Bundesliga va être passionnante", pronostique-t-il, "mais à la fin le Bayern sera champion".
Comme Mathaus, 17 des 18 entraîneurs de Bundesliga voient le Bayern l'emporter. Seul Florian Kohfeld (Brême) imagine Dortmund champion.
Face aux deux géants, les autres s'attendent à jouer au mieux pour les places d'honneur. Leipzig est, dans ce domaine, le plus ambitieux, et compte sur son nouvel entraîneur star de 32 ans, Julian Nagelsmann (ex-Hoffenheim), pour franchir un palier et se rapprocher du sommet.