Usyk unifie les ceintures WBC, WBA, IBF et WBO

Reuters

 

Usyk, 31 ans, devient ainsi le premier boxeur à détenir en même temps ces titres dans la catégorie des lourds-légers.

L'Ukrainien, invaincu en 15 combats, a infligé sa première défaite à Gassiev, 24 ans, qui comptait 26 victoires en autant de combats avant leur affrontement.

Celui-ci constituait la finale des "World Boxing Super Series", un tournoi débuté l'an passé qui réunissait les quatre détenteurs de ces ceintures et leurs challengers.

Usyk a remporté un chèque de dix millions de dollars et le nouveau trophée Mohamed Ali.

Sous le regard de l'acteur Steven Seagal, Gassiev est tombé dans un piège à grande vitesse, celui de la fréquence des coups de son adversaire.

Dans une ambiance assez feutrée, loin du terrain miné attendu en raison du contentieux des deux nations au sujet de la Crimée, Usyk a toujours paru plus en mouvement.

Le champion olympique 2012, sans cesse dans l'esquive, attendait de contrer, contrôlant la distance.

Gassiev a, au contraire, patiemment construit sa boxe pour tenter de placer des coups au corps, sa spécialité, mais n'a jamais emballé le rythme des échanges.

Et il a continué a aller de l'avant parfois en dépit du bon sens.                 

"Je mangerai plus de spaghettis"                 

Usyk, vêtu d'un short blanc agrémenté de l'or et du bleu du drapeau ukrainien, a touché Gassiev, pas assez sur ses gardes, dès les premiers instants du combat, et l'a marqué à la tempe gauche.

Au deuxième round, Gassiev réusissait son premier enchaînement, mais son adversaire le contenait ensuite avec ses jabs du droit.

A la troisième reprise, les deux hommes faisaient étalage de leur palette tactique, sans grand effet.

A la fin du quatrième round, Gassiev, surnommé "Iron", plaçait un très beau crochet du droit, qui faisait légèrement vaciller Usyk.

Au début du 5e, ce dernier semblait sur le reculoir, cependant, il n'était pas mis en difficulté.

Dans la reprise suivante, Gassiev, mené aux points, insistait sur le foie de l'Ukrainien, sans grand résultat.

Au septième round, le Russe n'entrevoyait pas de solution et commettait plusieurs coups bas involontaires.

Lors des huitième et neuvième rounds, malgré les conseils de son entraîneur Abel Sanchez, il restait trop amorphe face à la vivacité de son adversaire.

Au dixième round, Gassiev touchait enfin Usyk mais pas suffisamment pour l'inquiéter.

Au round suivant, une belle droite réveillait le public, mais le Russe était immédiatement puni par l'Ukrainien.

Usyk a récité ses gammes dans le denrier round tandis que Gassiev punchait dans le vide.

Après une accolade pleine de fair-play avec Gassiev, et avant l'ultime décision des juges, il s'est agenouillé en prière sur le ring.

"C'était le jour d'Oleksandr", l'a félicité Gassiev, sous les sifflets d'une partie des spectateurs.

Usyk a défié le Britannique Tony Bellew, ancien détenteur du titre WBC des lourds-légers, mais récemment monté chez les lourds, dans la catégorie de sa convenance.

"Je mangerai plus de spaghettis s'il ne veut pas descendre de catégorie", a-t-il plaisanté.