Premier League : La fin d’une ère à Tottenham

  • Dans un communiqué officiel, le club londonien a annoncé dans la soirée du jeudi 4 septembre le départ de Daniel Levy qui occupait la fonction de président depuis plus de 24 ans.

Il était l’un des visages de Tottenham depuis bientôt 25 ans. Intronisé à la présidence du club londonien en mars 2001, Daniel Levy a quitté ses fonctions hier soir, jeudi 4 septembre, comme l’a précisé un communiqué publié par les Spurs. Un départ avec effet immédiat. "Je suis extrêmement fier du travail que j'ai accompli avec l'équipe de direction et tous nos employés. Nous avons fait de ce club un poids lourd mondial qui évolue au plus haut niveau. Plus encore, nous avons construit une communauté. J'ai eu la chance de travailler avec certaines des plus grandes personnalités de ce sport, de l'équipe de Lilywhite House et Hotspur Way à tous les joueurs et managers au fil des ans. Je tiens à remercier tous les fans qui m'ont soutenu au fil des ans. Le parcours n'a pas toujours été facile, mais des progrès significatifs ont été réalisés. Je continuerai à soutenir ce club avec passion", a déclaré le dirigeant de 63 ans.

Un club à la pointe de la modernité

Une fierté qui s’explique par l’héritage laissé. En près d’un quart de siècle, Daniel Levy a transformé en profondeur Tottenham pour lui permettre de rivaliser avec les meilleures écuries de Premier League et d’Europe. Un pari en partie réussi puisque les Spurs se mêlent régulièrement à la bataille pour le podium, sur lequel ils sont d’ailleurs montés à trois reprises ces dix dernières années (2016, 2017 et 2018). Une régularité au plus haut niveau ternie néanmoins par l’absence d’un titre majeur. Les Spurs sont toutefois passés près d’y parvenir avec une deuxième place en championnat en 2017 et une finale de Ligue des champions en 2019 (0-2 contre Liverpool). La saison dernière, ils ont toutefois mis fin à 17 ans de disette en remportant la Ligue Europa (1-0 contre Manchester United, ndlr).

Une saison qui, paradoxalement, a été l’une des pires de l’histoire du club londonien, car terminée à la 17e place du championnat, celle du premier non-relégable. Un parcours indigne qui a valu de nombreuses critiques au dirigeant de la part des supporters. "Notre jeu, c'est la gloire, celui de Levy, c'est la cupidité" et "24 ans, 16 entraîneurs, 1 trophée - il est temps de changer" sont des messages qui ont fleuri sur les banderoles déployées dans les travées du Tottenham Stadium en janvier contre Leicester, sans compter les innombrables pancartes "Levy out (Levy dehors)" brandies depuis des années.

Cette enceinte est un autre héritage de la présidence de Daniel Levy. À la manœuvre, il a mené à bien le déménagement de White Hart Lane et la construction du nouveau stade, aux dernières normes de la modernité. Un tour de force à un milliard de livres (environ 1,2 milliard d’euros), puisque les travaux ont eu lieu sur le parking de l’historique stade des Spurs, détruit au fur et à mesure pour laisser place à son remplaçant.

Qu’importe ce qui a été construit, celui qui avait la réputation, dans le monde du football, d'être un homme d'affaires avisé et un négociateur coriace, pour ne pas dire intransigeant, a fini par user et ses méthodes avec.

Un départ programmé

Le départ de Daniel Levy n’est toutefois pas une surprise et a été préparé en interne. Comme le rappelle BBC Sport, plusieurs changements significatifs ont été opérés dans l’organigramme des Spurs. Tottenham a procédé à des nominations clés ces derniers mois. Au-delà du recrutement de Thomas Frank comme manager de l’équipe professionnelle, Vinai Venkatesham a été nommé au poste de directeur général en avril.

De son côté, Peter Charrington a été propulsé président non exécutif, un nouveau rôle, après le départ de Levy. Le dirigeant est loin d’être un inconnu dans l’environnement londonien puisqu’il est directeur d'Enic, propriétaire de Tottenham, une société qui gère le club appartenant au groupe Tavistock, lui-même détenu par la famille Lewis. Il avait en outre été nommé au conseil d'administration des Spurs en mars en tant que directeur non exécutif. Dans le même temps, Donna-Maria Cullen, proche collaboratrice de Daniel Levy, a quitté le club durant l’été, imitant avant elle le directeur du football Scott Munn, parti en juin. "C'est une nouvelle ère de leadership pour le club, sur et en dehors du terrain. Je reconnais qu'il y a eu beaucoup de changements ces derniers mois, alors que nous avons mis en place de nouvelles bases pour l'avenir. Nous nous concentrons désormais pleinement sur la stabilité et la valorisation de nos talents au sein du club, sous la direction de Vinai et de son équipe de direction", a ainsi commenté Peter Charrington.

Reste à savoir quelle direction prendront les nouveaux dirigeants, s’ils suivront le chemin tracé par leur prédécesseur ou s’ils emprunteront une autre voie. Une chose est sûre, Daniel Levy aura marqué l’histoire de Tottenham et fait basculer les Spurs dans la modernité.