Kerber a dit non

Parfois, c’est tellement écrit d’avance que ça dérape. Souvent, même. Ce n’est pas un avertissement de plus pour l’équipe de France à la veille de sa finale de la Coupe du monde 2018, mais ça pourrait. Non, le 24e titre du Grand Chelem n’était pas automatique pour Serena Williams. C’est Angelique Kerber qui a conquis le troisième de sa carrière face à l’Américaine, maîtrisant sa partition de bout en bout (6-3, 6-3) face à la légende, tout simplement émoussée et hors du coup. Autant physiquement que mentalement, sans doute.

Serena Williams a essayé de faire le jeu, mais elle a arrosé (23 coups gagnants, 24 fautes directes). En face, Kerber la métronomique n’a commis que cinq petites fautes directes (11 coups gagnants). Sur une finale, avec toute la charge émotionnelle que ça comporte, c’est remarquable. "Tu es une grande personne et une championne, je suis sûre que ton prochain tournoi du Grand Chelem t’attend très vite, clame l’Allemande en direction de son aînée (sur beIN SPORTS). Je devais jouer mon meilleur tennis face à une telle championne. C’était ma deuxième chance, j’ai profité de chaque seconde sur ce court et ce tournoi."

"Je suis déçue, mais en fait je ne peux pas..."

La première chance, c’était en 2016, mais Serena Williams s’était cette fois imposée. Plus tôt dans la saison, Kerber l’avait battue en Australie (avant de s’imposer à nouveau à l’US Open, la même année, face à Karolina Pliskova). "Je suis tellement heureuse d’être allée si loin, assure celle qui demeure donc à 23 trophées du Grand Chelem, en attendant mieux (pour la BBC). Bien sûr que je suis déçue, mais en fait je ne peux pas… C’est très bien, je vais juste continuer de me battre pour aller plus loin."

On rappelle le contexte: une grossesse pour Serena Williams, un bébé il y a moins d’un an (début septembre 2017), un retour comme elle a pu sur ce début de saison, avec notamment ce malheureux forfait à Roland-Garros alors qu’elle allait défier Maria Sharapova en huitièmes de finale. Retombée au 181e rang mondial, elle va bien évidemment très vite retrouver un rang digne de son nom. Celui qui, à 36 ans, lui permet encore de croire assez sereinement qu’elle rejoindra Margaret Court et ses 24 victoires.