Ligue Europa - L'OM tombe sur un Griezmann impitoyable

La logique a été respectée ce mercredi à Lyon, théâtre d’une finale de Ligue Europa que d’aucuns jugeaient particulièrement déséquilibrée. Face à un Atlético Madrid issu de la Ligue des Champions et jouant cette saison encore les premiers rôles en Liga, l’OM dont le chemin continental tortueux a débuté en plein cœur de l’été, dès les tours préliminaires, a rendu les armes (0-3). Faute de constance plus que d’envie et de cohérence. Faute de réussite également, quand les Colchoneros, eux, ont su tuer le match en deux coups de griffe signés Griezmann, l'homme de la rencontre ainsi désigné par l'UEFA. Avant d’aggraver le score en toute fin de partie.  

La première période à elle seule laissera un goût amer aux Marseillais. Car dans l’épais brouillard né des fumigènes phocéens, ce sont bien les hommes de Rudi Garcia qui tirent les premiers. Le coup d’œil de Payet au bénéfice de Germain est parfait, seulement l’attaquant de pointe olympien, alors lancé sur la droite de la surface, conclut l’action d’une frappe trop enlevée (4e). Une occasion en or – rare dans ce type de match – de celles que l’OM s’était pourtant juré de ne pas louper ce soir…

A l’image d’un Sarr virevoltant et d’un Ocampos percutant, les Marseillais sont entrés comme il se doit dans cette finale – d’autant plus que les Madrilènes, eux, apparaissent étonnamment fébriles, les crampons manifestement brûlants. Chaque ballon récupéré par les Matelassiers dans le premier quart d’heure est ainsi aussitôt rendu. Et l’OM, petit à petit, de gagner du terrain sur l’échiquier. Sur un ballon anodin joué en retrait par Luiz Gustavo vers Mandanda néanmoins, le bel équilibre olympien se rompt. La passe appuyée du portier phocéen, plein axe, surprend en effet Zambo Anguissa, lequel permet à Gabi de lancer Griezmann dans la profondeur pour un duel victorieux entre Bleus (0-1, 21e). Et les malheurs de l’OM dans ce premier acte ne sont pas finis…

Payet, le tournant


A la demi-heure de jeu, Payet s’effondre seul au milieu de terrain, en larmes. La cuisse du capitaine marseillais, touchée la semaine passée avant le match de championnat à Guingamp, n’a pas tenu, et l’intéressé de voir ainsi s’envoler – outre une issue heureuse dans cette finale – ses rêves de Coupe du monde avec l’équipe de France. L’entrée en jeu de Lopez n’y fait rien, dès lors l’OM déjoue, atteignant la pause sans coup d’éclat aucun, et sans être réellement inquiété non plus. Pourtant la chance des Olympiens, soutenus aux trois quarts ce soir par l’enceinte lyonnaise, est bel et bien passée.

Au retour des vestiaires, l’Atlético montre enfin un peu de mordant, et a tôt fait de faire le break grâce à son goleador tricolore, servi par Koke à l’entrée de la surface et une nouvelle fois précis dans le dernier geste pour battre Mandanda (0-2, 49e). Griezmann inscrit là son sixième but en huit rencontres dans la compétition, achevant son club de cœur avant l’heure. Lancé dans la bataille dans la foulée (55e), Njie n’apportera rien de concret. Pas plus que Mitroglou (entré à la 74e), même si l’attaquant grec touchera du bois en fin de match sur une tête décroisée consécutive à un bon centre de Sanson (81e). Le dernier mot cependant reviendra à l’Atletico, et à un Gabi auteur d’un tir croisé joliment ajusté dans la surface (0-3, 89e). Le but de trop assurément pour un OM qui ne méritait pas une telle humiliation.   

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Comme en 1999 (contre Parme 0-3) et en 2004 (face à Valence 0-2), Marseille a manqué là l’occasion de s’offrir un deuxième sacre continental – le premier pour une équipe française en C3. Seul club de l’Hexagone parvenu jusqu’alors à triompher en Ligue des Champions, en 1993 aux dépens de l’AC Milan (1-0), l’OM accuse désormais quatre finales européennes malheureuses à son palmarès (avec la C1 abandonnée à l’Etoile Rouge de Belgrade aux tirs au but en 1991). Un bilan bien lourd qui leste encore un peu plus le bilan tricolore sur la scène internationale: deux titres seulement - avec la Coupe des coupes soulevée par le PSG en 1996 - pour 14 finales disputées.

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