Bordeaux se contente d'un nul

Panoramic

A Bordeaux, cette semaine, on l’aura compris, le spectacle n’est pas sur le terrain, mais bien dans la coulisse avec dès vendredi l’entretien légal et préalable au licenciement de Gustavo Poyet. Mais aussi bien sûr les négociations pour tenter de convaincre Thierry Henry de succéder au technicien uruguayen sur le banc des Girondins plongés dans la crise depuis six jours.

On peut imaginer, sans trop se tromper, que le champion du monde 98 aura été attentif à ce barrage aller en terre belge des Bordelais aux portes de la phase de poules de la Ligue Europa. Et les supporters prient sans doute pour que ce triste math nul (0-0) sur le terrain de La Gantoise n’ait pas refroidi Henry. On comprend que l’équipe placée sous les ordres d’Eric Bédouet, l’habituel pompier de service du club, avait besoin de se rassurer quatre jours après sa deuxième défaite concédée sur le front de la Ligue 1 dans le derby (1-2).

Sauvé par Costil et le poteau

Mais difficile de s’enthousiasmer devant ce premier acte sans prise de risque face à un adversaire propre dans son jeu, mais lui aussi peu efficace, malgré un créateur inspiré en la personne du jeune meneur de jeu géorgien Giorgi Chakvetadze (18 ans). Si bien qu’il faut attendre la 40e minute de jeu pour voir Younousse Sankharé cadrer le premier tir des visiteurs sur une frappe écrasée du gauche, des vingt-cinq mètres. Sans aucun danger. Articulé autour d’un Pablo attentif et concerné, la défense est à son affaire, mais on ne peut pas en dire autant d’une attaque, où Jimmy Briand, titulaire dès le coup d’envoi, apparaît bien léger face à une charnière adverse tout en physique. La maladresse n’arrange rien avec ce ballon raté, pourtant en bonne position, au point de penalty sur le centre en retrait de Maxime Poundjé (45e+1). Quant à Nicolas de Préville, il ne parvient pas à sortir de son isolement côté gauche.  

La seconde période ne restera pas plus dans les annales. Les meilleures opportunités sont à mettre à l’actif des Buffalos de Yves Vanderheaghe entre un cafouillage dans la surface bordelaise et Sankharé tout proche du c.s.c. (67e). Mais aussi peut-être la plus dangereuse occasion que Taiwo Awoniyine manque de convertir en ne cadrant pas sa reprise aux six mètres (71e). Sans oublier l’énorme parade sur une dernière frappe enroulée signée Roman Yaremchuk (85e) d’un Benoît Costil sauvé dans la foulée par son poteau (90e+1). Les plus anciens se souviennent peut-être d’une qualification au forceps de La Gantoise, il y a plus de 40 ans (*), mais Bordeaux, avant le retour au Matmut Atlantique jeudi prochain, s’en contentera. D’ici là, la seule arrivée du Roi Henry aura peut-être ranimé la flamme !  
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(*) Lors de la saison 1966-1967, La Gantoise se qualifiait en Coupe des Villes de foire, l’ancêtre de la Ligue Europa, sur la plus petite marge en score cumulé (1-0) aux dépens des Bordelais.