L'ASM a complètement lâché

 

Au moins, Clermont a eu la bonne, l’excellente idée d’assurer son maintien avec ses trois victoires au mois de mars (face à La Rochelle, à Brive et contre Pau). Quand on voit l’ampleur des dégâts dimanche à Mayol, on se dit que c’était plus que nécessaire. "Clermont est venu en espadrilles", a même tancé le toujours très mesuré président toulonnais Mourad Boudjellal (pour L’Equipe). Les Jaunards ont pris cette rouste mémorable, 49-0, ce qui a forcément amené Franck Azéma à utiliser des mots moins convenus qu’à l’accoutumée, en conférence de presse d’après-match: "C’est humiliant, c’est frustrant. Il y a de la colère. C'était le néant. Déjà, j’ai dû mal faire mon boulot cette semaine…"

Le manager de l’ASM s’inclut donc dans la charrette: "Ne pas arriver à mobiliser les mecs pour un match à Mayol… C’est rare de démissionner comme on l’a fait dès la première minute. Le premier fautif, c’est moi." Azéma assure avoir compris "dès la première minute": "On gagne un duel sur une chandelle, d’entrée, et terminé. Terminé. Plus rien. Si, j’ai vu Damian Penaud un peu… Toulon a joué en équipe et nous a donné une leçon." Une fessée, même, avec sept essais encaissés de la sixième à la 69e minute.

La Coupe d'Europe, seul et immense objectif

 

"Les Toulonnais ont été secoués dans la semaine, mais je vois des joueurs qui ont pris leurs responsabilités, qui ont fait un gros match en équipe, reprend Azéma. L’opposé de ce qu’on a proposé." La différence, peut-être, entre un neuvième du classement totalement démobilisé et une équipe à fond dans la lutte pour les phases finales… On le répète semaine après semaine, Clermont a été décimé par les blessures cette saison, perdant près d’une demi-équipe au plus fort de l’hécatombe.

 

Camille Lopez et Morgan Parra sont réapparus dimanche à Toulon, mais ça n’a donc rien changé. Trop tôt, surtout pour le premier qui s’était cassé la jambe il y a cinq mois. Et revenir dans un tel contexte… Toutes les énergies sont concentrées sur le quart de finale de Coupe d’Europe, samedi face au Racing, seul et immense objectif de l’ASM pour cette fin de saison. "La première des choses, c’est de ne pas se voiler la face, conclut Azéma. Il n'y a eu aucun investissement. Même pas d’orgueil." Il y en aura forcément samedi, à Michelin. Il ne peut pas en être autrement.