Compteur débloqué pour Toulon !

Toulon a peur. Au coup d’envoi d’un match à Mayol, une telle affirmation aurait de quoi paraître un brin exagérée. Et pourtant, le RCT, lanterne rouge du Top 14 après deux journées et deux défaites, qui plombent le début de l’ère Collazo, n’en mène pas large à l’heure de la réception ce dimanche de champions de France castrais mis en confiance par leurs deux succès et forcément alléchés par l’odeur du sang sur les bords de la Rade.

Et ce n’est pas la première période des Toulonnais qui risque de rassurer leur président dont l’appel à la mobilisation populaire n’a pas permis de remplir Mayol. Le capitaine Mathieu Bastareaud et les All Blacks Liam Messam comme Julian Savea ont beau être tous titulaires pour la première fois, le CO non seulement tient la dragée haute aux Varois, mais mène à la pause. Malgré l’ouverture du score en force de Messam (7-0, 4e), la réponse des visiteurs est immédiate avec un autre premier essai en coin, sous ses nouvelles couleurs, de l’ex-Bayonnais Martin Laveau (7-5, 11e).

Capitaine 'Basta' voit rouge

Quand ça ne veut pas, c’est en situation d’infériorité numérique et désorganisée par la blessure probablement musculaire de Rhys Webb – contraint de céder sa place à Eric Escande – que Toulon, mal inspiré, voit Rory Kockott, l’un de ses pires bourreaux, filer inscrire un nouvel essai dans un silence de cathédrale (10-18, 28e). Les avants rouge et noir peuvent bien réagir avec ce ballon porté que conclut tout en puissance l’ancien Columérin Stéphane Onambélé (15-18, 28e), Benjamin Urdapilleta, conforté par sa dernière prolongation pour deux saisons supplémentaires, règle la mire, après son match sans face au LOU, à l’image de ce drop parfait (15-21, 34e). Quand Anthony Belleau, lui, touche par deux fois du bois et égare des points si précieux.

Les triples champions d’Europe, si loin de leur lustre passé, n’ont que leur courage, mais pas le jeu pour prendre la mesure des Castrais, si ce n’est sur cette nouvelle poussée collective conclue par Romain Taofifénua (20-24, 48e). Mais Urdapilleta, auteur de 17 points ce dimanche, continue d’alimenter le score d’un pied parfait (43e, 52e). L’équipe de Patrice Collazo n’a que ses « gros » pour exister et, malgré la supériorité numérique suite au carton jaune de Tudor Stroe (62e), rien décidément ne lui sourit avec cet essai refusé à Josua Tuisova pour une dernière passe jugée en-avant et invalidée à la vidéo par M. Cardona (64e). Pire, le jeune champion du monde U20 Louis Carbonel (19 ans), au relais de Belleau, rate la cible face aux poteaux (68e) ! Et c’est l’hallali, pense-t-on, quand Bastareaud, au comble de la frustration, craque et assène une manchette sur Christophe Samson, synonyme de carton rouge pour le capitaine toulonnais (70e). Dix ans que les Castrais (après un succès inaugural à Montpellier) ne l‘avaient plus emporté à Mayol (*), où Toulon, à quatorze contre quatorze, finit pourtant par renverser la vapeur in extremis par Carbonel, enfin précis (75e), mais surtout par Filipo Nakosi, le frangin de Tuisova, pour débloquer le compteur toulonnais (28-27, 78e). Soulagement pour tout un club !

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(*) Le dernier succès du CO remontait à 2008.