Elissalde: "Pourvu que ça dure !"

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Jean-Baptiste, ce renouveau s’incarne aussi à travers l’émergence de nouveaux leaders, tels que Mathieu Bastareaud, Maxime Machenaud ou François Trinh-Duc. Comment l’expliquer ?
Oui, il y a trois ou quatre semaines, à l’entame de ce Tournoi, j’ai eu un petit débrief important pour eux, en tout cas je l’espère, en parlant et en insistant beaucoup sur leurs points forts. Parmi lesquels il y a forcément nos lieutenants, Max (Machenaud), François (Trinh-Duc) aujourd’hui et donc la charnière en général, Mathieu (Bastareaud), Geoffrey (Doumayrou), le milieu de terrain, qui était important (samedi) ; ils (les Anglais) l’avaient musclé aussi (avec la titularisation de Ben Te’o). On a vu que ça a cogné fort et la défense a encore été remarquable dans l’homme à homme. Et face à ces mecs-là, qui soi-disant sont plus costauds et tapent plus fort, on a élevé le niveau. J’aimerais que ce ne soit pas qu’un « one-shot », mais qu’on fasse du gaz (sic) pour la semaine prochaine. Et que le groupe se sente concerné, parce qu’on aura besoin de beaucoup de fraîcheur et peut-être de mecs qui n’ont pas encore beaucoup participé.

Mais leur apport se voit aussi en match dans leur prise de parole…
Sincèrement, on est beaucoup dans l’échange avec eux, parce qu’on n’est pas les plus importants, on n’est pas sur le terrain, ce sont eux les plus importants. Et il n’y a que très peu de moments où on a tranché sans leur donner la parole. C’est à eux de construire le mur et d’amener chaque petite pierre. Comme ça ils n’auront pas envie que le mur se casse la gueule, si chacun amène son petit truc. J’espère qu’ils vont comprendre et se rendre compte que, pour performer et rester bon dans le haut niveau, il faut enchaîner et se préparer pour ça chaque jour, chaque heure… Et j’aimerais qu’on finisse bien (à Cardiff).

La défense est la grande satisfaction de ce Tournoi. En revanche, le secteur offensif reste un chantier grand ouvert. Vous êtes d’accord ?
Mais l’attaque, ça ne peut pas se faire comme ça du jour au lendemain ; ça réclame des jours et des jours d’entraînement, des semaines, des mois. On a encore quelques mois devant nous, on va finir le Tournoi et puis on ira chez les meilleurs du monde (sourire) (*).                          

Comment expliquer que ce XV de France, si moribond il y a moins de 4 mois face au Japon (23-23), soit capable aujourd’hui de dominer l’Angleterre, 2e nation mondiale ?
 Il s’est passé ce que vous savez… Et puis, quelque part, je pense qu’on récolte le fruit du travail qu’ont accompli les gens présents avant nous. Dans ces moments-là, je ne peux pas les oublier, parce qu’en plus, ils sont assez proches de moi. Ils ont traversé des moments difficiles et périlleux ; aujourd’hui, la confiance dans le sport de haut niveau est prépondérante, les joueurs en ont pris un peu, ils en reprennent ce soir (samedi), ce qui nous avait manqué face à l’Irlande. Parce que je pense que le Tournoi n’est pas le même, si on bat l’Irlande. Donc cette confiance est primordiale, ils sont en train de la retrouver. Pourvu que ça dure !

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(*) Les Bleus disputeront une série de 3 test-matches en Nouvelle-Zélande, lors de la tournée d’été.