Thiem roule sur Zverev

Dominic Thiem et Alexander Zverev, les deux jeunes empêcheurs de tourner en rond pour Rafael Nadal, devaient offrir un quart de finale presque rêvé à Roland-Garros. Entre ces deux futurs n°1 mondiaux annoncés, il était a priori difficile d’établir une réelle tendance, et c’est bien la seule chose qui nous excitait dans ce mardi tristounet. Mais on avait oublié une donnée importante: l’Allemand sortait de trois matches en cinq sets. Son compère autrichien n’a presque eu qu’à se baisser pour cueillir sa qualification en demi-finales (6-4, 6-2, 6-1), la troisième de suite à Paris.

En moins de deux heures, Thiem – sous les yeux de sa chérie Kristina Mladenovic - a profité de la gêne rapide à la cuisse du troisième joueur au classement ATP. Ce dernier n’a pas voulu abandonner, et tous les spectateurs du jour l’en remercient. Car malgré sa blessure, il fallait être deux joueurs de grand talent pour offrir ces quelques échanges plein de toucher. On en aurait aimé plus, mais il ne faut pas non plus sous-estimer la puissance et la constance supérieures de Thiem. Qui doit être tout à fait ravi de rester frais en vue des prochaines échéances.

A moins d’une sensation majuscule ou d'un pépin physique, le n°7 mondial défiera Novak Djokovic pour une place en finale. Celui contre qui il a perdu au même stade de la compétition il y a deux ans, mais surtout celui qu’il a giflé la saison dernière en quarts de finale (7-6, 6-3, 6-0). Thiem, on le rappelle, est le seul à avoir battu Rafael Nadal cette année sur terre, en demies à Madrid (et en deux sets). Alors qu’Alexander Zverev continue d’être très bon sur les tournois précédant Roland-Garros, sans pouvoir confirmer ensuite – comme en 2017, où il avait perdu au deuxième tour – Thiem avance lui avec une autre expérience.

Trois ans de plus (24 ans contre 21 pour l’Allemand), mais surtout cette défaite monumentale l’an dernier contre "Rafa" alors que tout le monde le voyait bien trop grand (6-3, 6-4, 6-0). Cette fois encore, plus que jamais, il semble prêt. Si "Djoko" parvient à le battre, ce ne serait rien de moins qu’une performance exceptionnelle. Si c'est Marco Cecchinato, n'en parlons pas.