Et si Federer revenait à Roland-Garros ?

Reuters

"Qu'est ce que j'ai manqué ?", a tweeté Roger Federer, mardi, dans un message plein de dérision. La saison sur terre battue, peut-être ? Comme en 2017, le Suisse a fait une longue pause au printemps, en coupant depuis le tournoi de Miami, afin d'être plus frais pour les échéances qui arrivent, avec Wimbledon et l'US Open en point d'orgue. Mais pour 2019, Federer, qui reprend la raquette cette semaine à Stuttgart (et plus précisément ce mercredi face à Mischa Zverev), laisse entendre qu'il pourrait faire son grand retour sur ocre, et notamment à Roland-Garros, où il n'a plus mis les pieds depuis trois ans (blessure au dos en 2016, repos en 2017 et 2018).

"C'est le plan, explique ainsi l'homme au 20 titres du Grand Chelem dans un entretien accordé à Blick. Mais il n'y a aucune garantie quand vous vieillissez. Surtout avec la saison sur terre battue. C'est ouvert, c'est toujours sur la table. Mais si je jouais à nouveau sur terre battue, je devrais faire plus que seulement jouer à Roland-Garros. Si je veux gagner là-bas, ou au moins avoir une petite chance de victoire, je devrais jouer deux, trois tournois avant. (...) En principe, la préparation aurait lieu en décembre."

Federer en a marre des critiques

On l'a compris, si Federer devait faire son grand retour à Roland-Garros l'an prochain (le conditionnel reste largement de rigueur à ce stade), le Suisse, vainqueur du tournoi en 2009, ne viendrait pas sur les terres de Rafael Nadal pour faire de la figuration. "Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que je devrais absolument jouer (sur terre battue, ndlr). Voilà, Roger est là - et ensuite il se fait massacrer. J'ai des ambitions plus élevées, je veux que les gens voient le meilleur Roger Federer jouer sur terre battue aussi. Je vais bien, mais j'ai besoin de préparation pour pouvoir suivre tout le monde. Les gens oublient parfois que ce n'est pas si simple. Et comme je l'ai dit: j'ai aussi quatre enfants avec qui je veux passer du temps! Donc, je ne peux pas réaliser tous mes rêves. Désolé, je suis sur le circuit depuis près de vingt ans, j'ai joué pendant 17 ans de janvier à novembre! Pas comme Hewitt ou Roddick, qui manquaient parfois une partie de la saison parce que le voyage est trop long..."

Finalement, rien n'a changé par rapport aux saisons précédentes. Federer avait déjà déclaré qu'il aimerait disputer Roland-Garros, mais qu'il prendrait ce qui est la meilleure décision pour lui, et uniquement pour lui. Et on connaît la suite. Le Bâlois ne veut pas disputer un tournoi, aussi prestigieux soit-il, juste pour faire plaisir au public, ou aux organisateurs. "Si je veux rester plus longtemps sur le circuit - et on pourrait penser que c'est mieux pour le circuit - je dois prendre des pauses, explique-t-il. Je comprends la frustration de certains directeurs de tournoi - même ceux pour qui j'ai déjà beaucoup travaillé. Mais je pense aussi qu'ils pourraient me protéger et dire: Roger est libre de décider! Parfois, la critique va un peu trop loin."