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NBA : DeMar DeRozan, le temps du changement

A 28 ans, le scoreur des Raptors fait évoluer son jeu pour le bien de son équipe, avec une réussite certaine pour sa franchise.

Depuis sa draft en 2009, DeMar DeRozan s’est toujours vu coller l’étiquette d’un joueur unidimensionnel : attaquant doué mais prévisible, efficace mais soliste. Pourtant, sur ce premier quart de saison, le Californien de naissance (il a vu le jour à Compton, dans la banlieue de Los Angeles) s’attache à clouer le bec à ses détracteurs. Lui, le grand fan de Kobe Bryant, veut aussi sa part du gâteau, et pour passer enfin un cap en Playoffs, il convient de changer pour survivre. A l’instar de sa franchise et de son coach Dwane Casey, DeRozan a donc fait le point cet été et décidé de modifier sensiblement son approche du basketball et du collectif.

Fini le one-man-show permanent, et place à un meilleur playmaking de sa part. Pour soulager Kyle Lowry à la création, et surtout impliquer au mieux ses partenaires, forcément un peu lassés de voir l’arrière de Toronto répéter inlassablement les mêmes actions : prise de position derrière la ligne à 3-pts, pénétration après l’utilisation d’un écran, et shoot à mi-distance ou attaque du cercle, selon la situation et l’ajustement de la défense. Une tactique qui a fait ses preuves en saison régulière, mais dont les Playoffs et les deux dernières éliminations contre Cleveland et LeBron James ont rappelé les criantes faiblesses.

C’est donc un DeRozan et des Dinosaures bien plus altruistes qui pointent aujourd’hui à la 3ème place de la Conférence Est. Forts d’un bilan de 15 victoires pour 7 revers, d’une série de quatre succès consécutifs et d’une forme éblouissante à domicile avec 9 victoires en 10 matchs sur ce début de championnat, soit le meilleur total de la NBA. Collectivement, la différence entre les Raptors de l’an passé et ceux de cette saison est flagrante et donne à l’équipe un visage bien plus séduisant qu’auparavant.

Le numéro 10 de sa team

La circulation de balle est optimale dans l’Ontario, et Toronto affiche la 5ème meilleure moyenne de passes décisives de la Ligue cette saison, contre la 29ème en 2016/17 ! Et DeRozan n’est évidemment pas étranger à cela, puisque en plus de compter sur sa meilleure adresse au tir en carrière, le numéro 10 affiche sa meilleure moyenne de passes sur cet exercice depuis son entrée dans la Ligue. La contrepartie, c’est que le triple All Star tente 3 tirs de moins par match et monopolise moins le ballon qu’auparavant. Une plus grande variété forcément bénéfique.

Clin d’œil de l’histoire, il est devenu mardi soir contre Phoenix le 4ème passeur de l’histoire de la franchise, devant Damon Stoudamire. Un DeMar DeRozan nouveau cru de plus en plus présent en relai de Lowry pour élaborer la stratégie offensive des Canadiens. Un DeRozan plus mature aussi, dont les Raptors auront bien besoin à l’heure d’attaquer un road trip de quatre matchs à l’Ouest, dont le premier à Memphis vendredi. Le moment d'avoir quelque chose en eux de Tennessee.