REUTERS

NBA : Cleveland, les raisons d’une débâcle

Même s’ils ont évité le sweep, les Cavaliers ont encaissé un cinglant 4-1 face aux Warriors lors de ces Finals 2017. Face à un adversaire qui semblait peut-être injouable, le champion déchu a affiché de trop grosses lacunes.

Le champion 2016 a rendu son trône. Cleveland n’est pas parvenu à réaliser l’exploit le plus fou de l’histoire de la NBA : revenir d’un 3-0 en finale. Les Cavs ont été victimes d’une nouvelle démonstration de force des Warriors ce lundi soir du côté de l’Oracle Arena. Pourtant, comme souvent lors de ces Finals, les hommes de Tyronn Lue ont commencé fort, virant même en tête après le premier quart-temps (33-37). Mais leurs adversaires ont accéléré le mouvement dans le deuxième quart (23-38) avant de ne plus jamais être dépassé à la marque et de gérer tranquillement la fin de match (129-120). L’heure est donc déjà au bilan pour une équipe de Cleveland qui n’a jamais semblé en mesure ne serait-ce que de rivaliser avec Golden State hors de ses bases.

Deux arbres qui ont caché la forêt !

Kyrie Irving mais surtout LeBron James ont été tout simplement gigantesques lors de leur ultime série. Dur voire impossible de leur reprocher quoi que ce soit, si ce n’est la gestion du money time dans le Game 3 où les mauvais choix se sont succédés pour déboucher sur une défaite qui a sonné le glas de leurs chances de comeback. LeBron en moyenne lors de ces Finals, c’est 33,6 points, 12 rebonds et 10 passes ! Des stats incroyables pour le Roi déchu qui est tout de même devenu le premier joueur de l’histoire des Finals en triple-double. Irving, touché à un genou et au dos et qui a fini littéralement au bout du rouleau, a lui frôlé les 30 points de moyenne (29,4) à 47,2% aux tirs. Seul bémol, mais il n’est pas seul coupable, « Uncle Drew » n’a effectué que 4,4 assists par rencontre, un total bien évidemment un peu trop faible pour un meneur.

Tous les partenaires de LeBron et Kyrie ne sont pas à mettre dans le même panier. Mais ils n’ont pas répondu présent au même moment. Troisième membre du Big Three des Cavs, Kevin Love n’a pas à rougir de ses Playoffs, même s’il a disparu lors du Game 5 après avoir rapidement provoqué 2 fautes. Invisible lors des deux premiers matchs, J.R. Smith s’est réveillé à Cleveland et a permis à son équipe de rester dans le match ce lundi avec un incroyable 7/8 à 3 points. Peu impliqué offensivement au début de la série, Tristan Thompson a réussi son Game 4 mais « a été un peu en dedans dans cette finale », comme l’a résumé Nicolas Batum lors de notre Facebook Live. S’ils n’ont pas été épouvantables, les trois autres membres du Big Three n’ont pas proposé de solutions sur le long terme. Mais ça n’est rien par rapport à leurs collègues du banc…
 

Le top 10 des Finals 2017 

La seule chance qu’avait Cleveland pour tenter de créer l’exploit face aux protégés de Steve Kerr résidait dans l'apport de son banc. Or, la contribution de sa second unit a été ridicule, contrairement à celle des Warriors, Andre Iguodala en chef de file. Kyle Korver n’a jamais déclenché la machine à 3 points, Iman Shumpert et Richard Jefferson ont apporté un peu d’énergie défensive mais rien de très probant offensivement. Channing Frye et Derrick Williams ont littéralement disparu de la circulation. La palme revient à Deron Williams, complètement méconnaissable en back-up de Kyrie Irving. Au point de devenir l’objet de l’ire de nombreux supporters des Cavs. Considéré comme l’un des meilleurs meneurs de sa génération, l’ancien pensionnaire des Nets a terminé la série avec un 12,5% aux tirs (2/16). Un cauchemar…

Tyronn Lue, le principal coupable ?

Sacré pour sa première saison sur le banc, Tyronn Lue a vu sa cote baisser cette saison. Cela avait débuté avec la 2ème place récoltée par la franchise de l’Ohio derrière Boston en saison régulière. Sa gestion des trois premiers tours de Playoffs n’avait pas été remise en cause après un bilan quasi-parfait (12 victoires pour 1 seule défaite face à Boston), mais celle des Finals est nettement plus douteuse. Même s’il devait résoudre parfois des problèmes insolubles face à l’armada devant lui, Lue n’a pas été au rendez-vous. Conscient que son équipe devait imprimer un gros rythme pour éviter le jeu en demi-terrain et marquer en transition grâce à LeBron et/ou à ses passes vers les shooteurs longue distance, T-Lue, très (trop ?) proche de sa star, a perdu son pari. « Je ne vois pas un grand fossé entre les deux équipes », a-t-il affirmé après la défaite. L’été s’annonce studieux du côté de l’Ohio pour prouver ses dires…

@_PGod_