La réponse de Muller

Aurélie Muller a été sacrée dimanche aux championnats du monde, remportant le 10km en 2h00'13"70. Elle reprend le fil de son histoire, qui avait pris un tournant dramatique il y a un an aux JO.

Un an après le terrible épisode des JO 2016 à Rio, Aurélie Muller a pris un joli début de revanche. Rien d’autre qu’une médaille olympique dans trois ans, à Tokyo – en or, si possible - n’effacera l’imbroglio de sa disqualification brésilienne (pour avoir gêné son adversaire pour la deuxième place à l’arrivée, au moment de taper sur la planche). Mais la Française s’est incontestablement remise dans le droit chemin dimanche, à Budapest, en conservant son titre de championne du monde du 10km en eau libre.

Partie aux avant-postes dès le premier kilomètre, la native de Sarreguemines a toujours maîtrisé sa course, semblant constamment la plus forte. Elle a mis les formes pour aller glaner sa victoire, en attaquant de magnifique façon pour s’échapper en solitaire dans la dernière ligne droite. Au lendemain du titre de Marc-Antoine Olivier sur 5km, c’est la consécration pour la natation française. Victorieuse en exactement 2h00’13’’70, elle a mis trois secondes à ses trois poursuivantes Samantha Arevalo, Arianna Bridi et Ana Marcela Cunha.

"Toute l'année est remontée d'un coup"

Pour l’élève de Philippe Lucas, c’est forcément une étape décisive sur la voie de son retour. Sur les grands podiums internationaux, ce pour quoi elle vit et nage. "Elle aurait pu arrêter, reprendre ses études, faire autre chose, expliquait avant la course le truculent coach pour L’Equipe. Mais elle ne peut pas arrêter. Tu t’es fait enfler lors d’une compète qui était le sommet de ta carrière, il faut que tu remettes la porte dans la gueule à tout le monde." La voilà désormais double championne du monde et championne d’Europe en titre.

"J’ai réalisé une course fabuleuse que j’ai initiée dès le départ, explique-t-elle sur le site de la Fédération française. C’est fort et ça ne fait que renforcer mon plaisir. J’ai pensé à l’année que je viens de vivre, à mon équipe, à mes proches, à tous les gens qui me suivent… J’avais tellement envie de gagner ! Je la voyais de loin, cette plaque, et je me suis dit pendant toute la dernière ligne droite que la victoire était pour moi… Toute l’année est remontée d’un coup… Rien que d’en parler, ça m’émeut (sourire)…" Comme quoi, remettre une "porte dans la gueule", c'est jouissif.