La Croatie martyrisée en Espagne


Sur le terrain d’une Roja renaissante sous la nouvelle férule de Luis Enrique, la Croatie a subi mardi une correction historique (6-0).


Si le chantier de l’Italie est gigantesque pour Roberto Mancini, la relance de l’Espagne, après le fiasco de son élimination en 8e de finale de la dernière Coupe du monde en Russie, offre autrement plus de garanties au nouveau sélectionneur espagnol, Luis Enrique. Dont la première sortie, conclue sur une victoire à Wembley, face à l’Angleterre (2-1), il y a trois jours, a déjà confirmé le potentiel presque intact de ce groupe que l’ancien coach du Barça a toutefois rajeuni.   

Bien sûr, la défense de la Roja, si friable durant ce dernier Mondial, est encore loin de rassurer. Et le premier quart d’heure de ce choc de la Ligue des nations, disputé à Elche, contre le vice-champion du monde croate l’a d’abord démontré, à l’image d’un David De Gea mis d’entrée en cause sur une mauvaise relance pas loin de profiter à Rakitic, honoré avant le coup d’envoi pour sa 100e sélection et tout près d’inscrire son seizième but en équipe nationale sur cette frappe non cadrée depuis l’extérieur de la surface (5e).

Saul, il est loin le Mondial

Titulaire à la pointe de l’attaque croate, l’ancien Caennais Ivan Santini, qui flambe avec son nouveau club d’Anderlecht, va aussi pointer les largesses de cette arrière-garde espagnole (14e), tout comme Ivan Perisic (18e). Un gros quart d’heure donc pour entretenir une illusion. Celle d’une Croatie capable, malgré l’absence de plusieurs de ses cadres, entre retraites (Subasic, Mandzukic), d’entrer dans cette nouvelle compétition par la grande porte.

Avec une ossature à majorité madrilène, mais un système de jeu barcelonais en 4-3-3, auquel il reste fidèle, Luis Enrique peut, lui, déjà compter sur de nouveaux hommes forts. A commence par Saul Niguez (23 ans) qui fait aujourd’hui le bonheur de l’Atletico. Mais le milieu de terrain, né à Elche, a toutes les raisons d’être en confiance sur ses terres. Trois jours après son premier but en sélection sur la pelouse de Wembley, cet autre visage du changement espagnol remet ça. Sur une transversale de Sergio Ramos, Daniel Carvajal délivre de l’extérieur du pied un centre parfait que Saul reprend victorieusement de la tête (1-0, 24e).

La jeunesse prend le pouvoir dans les rangs de cette Roja quand, dans le même temps, Danijel Subasic manque déjà cruellement à la Croatie. Si la défense des vice-champions du monde prend l’eau côté gauche, son remplaçant, Lovre Kalinic brille par son impuissance. Et Marco Asensio (22 ans) en profite pour assommer le match en trois minutes. Le Merengue profite d’une perte de balle et de la passivité de Rakitic devant sa surface pour placer une première frappe flottante qui trompe Kalinic (2-0, 33e). En repiquant depuis le côté droit, son coup de pétard est lui aussi gagnant avec l’aide de la transversale et… le dos du malheureux portier de La Gantoise, qui marque contre son camp (3-0, 35e). C’est le score à la pause, mais l’humiliation va être totale pour les joueurs de Zlatko Dalic qui, avant la rencontre, déclarait: "Nous ne venons pas en Espagne pour perdre."

Mais avec un Luka Modric dans un registre plutôt… Ballon de plomb, ce sont trois buts supplémentaires que la Croatie concède à Rodrigo Moreno, servi par Asensio (49e), Sergio Ramos, sur sa spéciale de la tête sur corner (57e) et Isco, d'un superbe enchaînement dans la surface (70e). Pour un 6-0 qui enchante l’Espagne renaissante et accable la Croatie, c’est peu de le dire (*).
------------------------------------------------------------------------
(*) C’est la première fois dans l’histoire de la sélection croate qu’elle concède une défaite par six buts d’écart en match amical ou en match officiel.

Voir sur beIN SPORTS