Genesio, un récit nouveau

Une vidéo floue, confuse, mais virale. C'est en se basant sur ce seul élément et sur quelques témoignages vagues que beaucoup ont émis l'hypothèse suivante: le désamour des supporters lyonnais pour Bruno Genesio a poussé certains d'entre eux à aller le confronter physiquement alors qu'il fêtait son anniversaire en famille. Le silence de l'OL à ce sujet était plutôt curieux, l'UNFP réagissant plus prestement en évoquant ces "exactions de supporters qui se multiplient". Jean-Michel Aulas a finalement expliqué, trois jours après les faits, avoir patienté pour "ne pas surfer sur le buzz". A priori, c'est surtout parce que la situation n'était visiblement pas aussi simple à analyser.

Le quotidien L'Equipe a retracé la soirée de l'entraîneur rhodanien pour en arriver à la conclusion suivante: rien ne permet d'affirmer que c'est à cause de son poste et de son impopularité que Bruno Genesio s'est retrouvé dans cette situation. Ce serait à 4h30 du matin et dans une boîte de nuit où il avait rejoint sa fille et des amis, que Genesio aurait eu une vive altercation avec un individu - celui qu'on le devine "courser" sur ladite vidéo - pas formellement identifié comme un supporter de l'OL. Le quotidien explique que quatre personnes ont vu les deux hommes discuter, puis l'entraîneur lyonnais vriller après une remarque sur sa fille. Expulsé des lieux avec le belligérant, c'est à l'extérieur de l'établissement que Genesio a ensuite été filmé fou de rage et prêt à en découdre.

Aulas défend Genesio

Ce récit un peu différent de l'original ne change malheureusement en rien la position de Bruno Genesio. Une grande majorité des supporters de l'Olympique Lyonnais ne veulent plus le voir sur le banc de leur équipe, arguant que le niveau de jeu déplorable ne peut être compensé par la présence du club en Ligue des champions. De son côté, "JMA" continue de se déclarer "très satisfait" de son collaborateur et persuadé que les joueurs sont avec lui. L'emblématique patron de l'OL n'a pas hésité à se mettre à nouveau une partie du public à dos samedi dans les mêmes colonnes.

"Ce mouvement de contestation est un mouvement des plus jeunes, qui ont un avis sur tout, pas forcément étayé d'ailleurs. Un lobby s'est créé. Ils sont sympathiques au demeurant, mais ont le complexe du PSG", a prévenu Aulas. On imagine qu'il régnera une atmosphère très particulière lors du prochain match au Groupama Stadium le 23 septembre pour la réception de l'OM. Mieux vaudrait que les locaux l'emportent pour ne pas rendre la position de Genesio encore plus inconfortable...