Ce supporter des Bleus refoulé à l'entrée de Louis-II

Reuters

S’il vous prend l’envie de vous rendre dans un stade de Ligue 1 revêtu de votre nouveau maillot de l’équipe de France, flanqué des fameuses deux étoiles, réfléchissez-y à deux fois… Christian Joubert en a fait l’amère expérience à l’occasion du dernier choc Monaco-Marseille (2-3), qui clôturait la dernière journée de championnat au stade Louis-II. Cet abonné du club de la Principauté "depuis des lustres" a été ainsi la victime de l’excès de zèle des stadiers présents à l’entrée de l’enceinte.

Ce supporter monégasque de soixante-dix ans a ni plus ni moins été considéré par ces interlocuteurs comme un hooligan potentiel. Parce qu’il avait revêtu pour l’occasion un maillot des Bleus (la Coupe du monde était présentée au public monégasque dimanche) ! "J'attendais qu'on me dise que c'était une caméra cachée. On m'a dit que c'était les ordres. Ils ont appelé la police pour me faire sortir du stade." Comme le rapporte Monaco-Matin dans son édition de jeudi, c’est l’application stricte des consignes de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme qui serait à l’origine de ce regrettable épisode.

"Manque de discernement"

 

Car si le septuagénaire a finalement été autorisé à s’installer dans la tribune Pesage de Louis-II… non sans avoir renfilé son maillot à l’envers avec un K-Way par-dessus, les stadiers n’auraient fait que suivre à la lettre les "consignes permanentes de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, relayées par la Ligue nationale de football, visant à interdire l'entrée au stade Louis-II aux spectateurs porteurs de maillots autres que ceux de l'ASM ou de l'équipe visiteuse."

Un point de règlement en vigueur dans tous les stades de Ligue 1, certes méconnu, mais qui, selon le département de l’Intérieur, viserait à apporter une réponse "à la prolifération d'échauffourées et de troubles à l'ordre public, de gravité fluctuante, que ce soit à l'intérieur du stade, mais également aux abords immédiats de l'enceinte sportive." Parce que porter le maillot d’une "autre équipe" constituerait "systématiquement le facteur déclenchant d'incidents pouvant engendrer parfois des actes de violence.

Pour Christian Joubert, ce maillot tricolore n’avait pourtant "rien de provocateur". Et d’ailleurs une conversation à la fin de la rencontre avec un responsable de la sécurité lui a permis d’apprendre "qu'effectivement il y avait eu un manque de discernement." Reste un contexte qui est ce qu’il est aujourd’hui autour de la sécurité dans les lieux publics. Dimanche, en revanche, au Stade de France, pour le retour des Bleus devant leur public face aux Pays-Bas, la tunique des champions du monde sera chaudement recommandée. Sans restriction.