Neymar n'est plus tout seul

Assiste-t-on au renouveau du Brésil ? Les chiffres le laissent sérieusement penser. Depuis que Tite a remplacé Carlos Dunga sur le banc, fin juin, la Seleçao a retrouvé des couleurs: alors qu’elle pointait au sixième rang de la zone sud-américaine des qualifications pour la Coupe du monde 2018, la voilà aujourd’hui en tête avec un point d’avance sur l’Uruguay. Une remontée due à ses cinq victoires de rang contre l’Equateur (3-0), la Colombie (2-1), la Bolivie (5-0), le Venezuela (2-0) et l’Argentine (3-0). Une série impressionnante qu’elle espère prolonger la nuit prochaine au Pérou.

Si le retour de Thiago Silva a fait du bien en défense, c’est toute l’animation qui a été repensée. Le collectif ne tourne plus autour du seul Neymar Jr., qui s’entend à merveille avec Philippe Coutinho et Gabriel Jesus, notamment. Désormais, le danger vient de partout. Lionel Messi et ses coéquipiers, qui ont pris une leçon de futebol la semaine dernière, s’en sont aperçus. Au pays, certains observateurs sont déjà tombés sous le charme du jeu pratiqué, qu’ils n’avaient plus vu depuis le milieu des années 2000, à l’époque du fabuleux quatuor composé de Ronaldinho, Kaka, Robinho et Adriano.

Neymar comme... LeBron James

Un jeu incarné par un homme, Tite, qui a mis tout le monde dans sa poche en répartissant mieux les rôles et les efforts. "Certains principes de jeu, que j’ai assimilés depuis longtemps, sont immuables, explique-t-il sur le site de la Fifa, s’appuyant sur un exemple venu… du basket nord-américain. Les Cavaliers de Cleveland ont remporté le titre NBA la saison dernière sur une action défensive de leur plus grande star, LeBron James (auteur d’un contre sur Andre Iguodala dans le money-time du match 7 décisif des finales, ndlr). Nous devons comprendre et valoriser le travail défensif."

Cette philosophie, tout le monde y a visiblement adhéré. Du buteur vedette jusqu’au gardien de but. "Beaucoup pensent que si l’attaquant descend défendre, il n’aura plus l’énergie nécessaire pour repartir devant. C’est n’importe quoi. Il faut juste savoir compenser", poursuit le technicien auriverde. Pour valider la renaissance de cette grande nation de football, il faudra bien sûr qu’elle confirme lors d’une grande compétition, mais la Seleçao semble avoir enfin évacué le traumatisme de la demi-finale de "son" Mondial perdue contre l’Allemagne (1-7), en 2014. C’est déjà un grand pas.