France - Croatie : Dalic, l’homme providentiel

Reuters

Inconnu, ou presque, il y a quelques mois, Zlatko Dalic est aujourd’hui un héros. Peu pourtant aurait donné cher de sa peau lorsqu’en octobre dernier, il est appelé pour jouer les pompiers de service. La Croatie, qui vient tout juste de concéder le nul contre la Finlande, est alors mal embarquée dans les éliminatoires pour la Coupe du Monde. A une journée de la fin, la sélection au damier est à la lutte avec l’Ukraine pour une place de barragiste. La Russie parait loin.

Aux grands maux, les grands remèdes. La Fédération croate décide de se séparer d’Ante Cacic et fait appel à Zlatko Dalic. Un entraîneur qui n’a pas une grande expérience à part dans les Emirats (où il a tout de même disputé une finale de Ligue des Champions asiatique avec Al Ain). Un véritable pari qui va s’avérer payant. La mission commando débute à Kiev avec une « finale » face à l’Ukraine. Grâce à un succès 2-0, les Croates arrachent les barrages et se qualifient finalement pour le Mondial aux dépens de la Grèce. « Comme il n'y avait pas beaucoup de temps pour l'entraînement et la préparation, je me suis concentré sur les réunions, la communication et la motivation » expliquera Dalic à la FIFA après la qualification.

Des préceptes que le sélectionneur de la Croatie a gardé lors de ce Mondial. « Pendant cette Coupe du Monde, les équipes qui s’appuient sur des gros noms sont déjà à la plage ! Ce sont les équipes unies et qui se battent pour quelque chose qui sont toujours là. C’était notre problème pendant 10 ans. On avait de très bonnes individualités mais pas d’unité » a-t-il martelé avant la demie face à l’Angleterre. Mental, cohésion, solidarité : Dalic en fait son leitmotiv. Pour preuve, l’éviction de Nikola Kalinic après le premier match face au Nigeria. Alors que le joueur de l’AC Milan a refusé d’entrer en jeu, le coach des Vatreni décide de préserver son groupe en écartant le fruit pourri.

Dalic

Cet incident n’entachera pas la relation avec ses joueurs. Au contraire. « Je cherche à avoir une bonne relation avec mes joueurs. Ce n'est pas toujours recommandé, mais c'est mon style. Je veux donner un soutien total aux joueurs et communiquer beaucoup avec eux. Avoir la confiance des joueurs est la chose la plus importante pour moi ». Et leur confiance, Dalic l’a pleinement. Le sélectionneur croate peut tout demander à ses joueurs. Il n’hésite pas d’ailleurs à les pousser dans leur dernier retranchement. Comme face à l’Angleterre où il ne fait pas de changement pendant le temps réglementaire, alors que ses hommes avaient déjà disputés 2 prolongations (contre le Danemark et la Russie). Lors des derniers matchs, plusieurs joueurs croates ont terminé éreintés voire même blessés. A l’image de Subasic contre la Russie ou de Mandzukic contre les Three Lions, les joueurs des Balkans se donnent corps et âme.

Et c’est bien là l’une des « touches » apportées par Dalic. Car le potentiel de cette équipe croate est indéniable. La qualité de cette génération dorée ne date pas d’hier. Mais alors qu’elle a toujours bien jouée, la sélection au damier n’est jamais arrivée à passer un cap ces dernières années. Aujourd’hui, Zlatko Dalic leur a apporté ce qu’il leur manquait. En toute humilité, il est parvenu à fédérer et à transcender cette équipe. Menée à quatre reprises dans la compétition, la Croatie est à chaque fois parvenue à s’imposer. Des ressources et du répondant qui ont conduit Modric et les siens jusqu’en finale. Historique pour ce « petit » pays de 4 millions d’habitants. Après seulement 13 matchs sur le banc des Vatreni, Dalic pourrait marquer à tout jamais l’histoire de la Croatie. Presque un miracle...

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