Coupe du Monde 2018 : Russie, une question d’honneur

Reuters

La Russie s’apprête à disputer « sa » Coupe du Monde. Mais la Sbornaya, toujours dans l’attente de résultats depuis sa demie à l’Euro 2008, ne se présente pas vraiment dans les meilleures conditions. Lors du dernier Euro, les Russes ont commencé la compétition en arrachant un match nul contre l’Angleterre. Et puis, plus rien. Avec un seul petit point au compteur, la Russie termine dernière de son groupe derrière les Anglais, le Pays de Galle et la Slovaquie.

Russie

Sa prestation à la Coupe des Confédérations ne sera guère plus brillante. Après une victoire contre la Nouvelle-Zélande, les hommes de Cherchesov s’inclinent contre le Portugal et le Mexique. Fin de l’aventure. Pays hôte du Mondial donc qualifié d’office, la Russie n’a pas pu disputer les éliminatoires pour se jauger. Elle n’a eu le droit qu’à des matchs amicaux. Et depuis la Coupe des Confédérations, son bilan est plutôt alarmant. En 8 matchs, les Russes ne se sont imposés qu’une seule fois, face à la Corée du Sud. Ils se sont inclinés contre l’Argentine, le Brésil, la France et l’Autriche et ont concédé le nul contre l’Iran, l’Espagne et la Turquie.

Même si leurs adversaires étaient, il est vrai, d’un niveau assez élevé, le constat est tout de même inquiétant. D’autant que, pendant ce Mondial, les Russes devront faire sans l’un de leur meilleur buteur, Aleksandr Kokorin. En pleine bourre avec le Zenit Saint-Petersbourg, l’attaquant de 27 ans s’est gravement blessé au genou en mars dernier. Un coup dur dont ce serait bien passée la Sbornaya, déjà en proie au doute.

 

Aleksandr Golovin, qui vient de fêter ses 22 ans, est le plus jeune joueur de l’effectif russe. Pourtant, beaucoup d’espoirs sont placés en lui. Champion d’Europe des moins de 17 ans en 2013, il a connu sa première avec les A en juin 2015, à tout juste 19 ans. Des débuts tonitruants avec la Sbornaya, puisque le milieu de terrain marquera lors de ses deux premières sélections. De quoi convaincre le sélectionneur de l’époque, Leonid Sloutski, de faire du joueur de 20 ans un titulaire indiscutable lors de l’Euro 2016.

Golovin

Aujourd’hui, la pépite russe a pris du galon et a engrangé de l’expérience. Toujours au CSKA Moscou, son club formateur, Golovin enchaine les prestations consistantes et de qualité. Polyvalent et capable d’évoluer à tous les postes au milieu de terrain, le natif de Sibérie a récemment fait étale de son talent sur la scène européenne. Technique et doté d’une belle qualité de frappe, il a inscrit un superbe coup franc contre Arsenal en quarts de finale de la Ligue Europa. Une compétition où il avait déjà brillé au tour précédent en marquant un magnifique but décisif face à Lyon.

Régulier depuis plusieurs saisons, le métronome de cette équipe moscovite a déjà tapé dans l’œil de plusieurs grands clubs européens. Nul doute que ses prestations à la Coupe du Monde seront scrutées et pourraient faire grimper les enchères lors du mercato estival.

Stanislas Cherchesov est un ancien gardien de but qui a eu une carrière plus que respectable. Joueur au Spartak Moscou et au Tyrol, il a glané plusieurs titres nationaux. Il a même à son actif une cinquantaine de capes avec les sélections soviétique puis russe.

Russie

Après avoir raccroché les crampons, le natif d’Alagir a débuté sa carrière d’entraineur en Autriche. Il a ensuite écumé les clubs russes avant de rejoindre le Legia, en Pologne. Avec le club de Varsovie, Cherchesov parvient à réaliser le doublé coupe-championnat lors de l’exercice 2015-2016. A l’issue de cette saison prolifique, il prend en charge la sélection de la Russie qui reste sur un échec à l’Euro. Assez vite, il va opter pour un 3-5-2 que la Sbornaya a définitivement adopté. Mais pour l’heure, le bilan de Cherchesov, pas vraiment adepte du beau jeu, est loin d’être positif (6 victoires, 7 nuls et 9 défaites). Le véritable test sera cette Coupe du Monde, tant attendue par les Russes.

C’est simple, dans son histoire, la Russie n’a jamais fait mieux qu’un premier tour à la Coupe du Monde. Dans une poule assez ouverte avec l'Uruguay, l'Arabie Saoudite et l'Egypte, la Sbornaya espère bien mettre fin à cette malédiction. D’autant que depuis 1930, un seul pays organisateur n’a pas passé le premier tour (l’Afrique du Sud en 2010). Devant son public, la Russie ne pourra pas se louper. Le ticket pour les huitièmes de finale devrait en principe se jouer avec l’Egypte. En cas de qualification qui s"annonce loin d'être aisée, les Russes ont de forte chance de croiser la route de l’Espagne. Une toute autre histoire…

 

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