C'est déjà le grand bleu !

Le premier match des Bleus dans l’Euro croate, face à une excellente équipe de Norvège, a été digne d'une finale par son scénario échevelé et son score final (32-31). 

Puisque, comme l’avait martelé très tôt Nikola Karabatic, "l’équipe qui remportera le premier match, prendra une bonne option pour les demi-finales", un constat s’impose d’emblée dans cet Euro croate pour les Bleus vainqueurs de ce premier match aux allures de finale face à la Norvège (32-31, mi-temps : 15-17): les champions du monde prennent d'ores et déjà une option sur le dernier carré de la compétition. 

Français et Norvégiens ne savaient que trop bien le caractère anecdotique de la victoire (32-27) des premiers en préparation, à Rouen, en début d’année. Trop gros pour être vrai face à un adversaire diminué par les absences de plusieurs cadres. A l’heure de ce septième match à venir entre les deux équipes en à peine plus d’un an, difficile pour les uns ou pour les autres d’espérer surprendre son adversaire. Et pourtant le coup tactique joué par Didier Dinart et Guillaume Gille avec l’introduction dès le coup d’envoi d’une défense 1-5 va déstabiliser dans un premier temps les Norvégiens.

Coaching gagnant

La France s’échappe d’entrée (4-2, 6e) quand en face des échecs inhabituels en attaque et déjà une troisième perte de balle en à peine plus de dix minutes permet à Adrien Di Panda de creuser d’un but longue distance le premier break dans la cage vide (7-4, 11e). Mais alors que le jeu rapide des Nordiques se met enfin en place et que Torbjorn Bergerud s’enflamme pour déjà recoller au score (8-8, 15e), puis même passer devant (11-13, 21e), force est de constater que la 1-5 française est déjà éventée et le temps-mort s’impose d’un Didier Dinart, qui a déjà dû soulager par l’entrée de Cyril Dumoulin un Vincent Gérard dans l’incapacité de soutenir la comparaison avec son homologue norvégien.

Un coaching sans effet puisqu’il faut attendre huit minutes d’avanie offensive, avant que Nicolas Tournat ne retrouve le chemin des filets (12-13, 26e). La fin de ce premier acte atteint des sommets pour les coéquipiers du Parisien Sander Sagosen, à l’image de ce kung-fu exceptionnel suite à une perte de balle française (13-16, 29e). Une mi-temps que les coéquipiers de Nikola Karabatic ont toutefois le bon goût de rallier avec un penalty et en arrachant une exclusion pour deux minutes (15-17).

Un moindre mal, mais ce colossal amuse-bouche tourne mal avec un écart de trois buts qui s’installe (17-20, 35e). Les maîtres de la planète hand font l’élastique, s’accrochent dans le sillage notamment d’un Luc Abalo impeccable (4/4), mais gâchent un ballon d’égalisation et subissent deux superbes séquences défensives. Rien n’y fait, la Norvège maîtrise son match (24-27, 49e). En apparence, car c’est sans compter les ressources mentales et avec le coaching tricolore. L’entrée décisive de Timothey N’Guessan (25 ans) qui dérègle le jeu léché des Rouges soudain beaucoup plus pâles. Valentin Porte s’envole pour une première égalisation (27-27, 52e), et derrière, c’est N’Guessan qui s’y colle (30-30, 57e) dans un fin de match en apnée, digne d’une finale, où pleuvent les exclusions, mais où comme un symbole, l’increvable Michaël Guigou (35 ans) s’en va arracher la victoire (32-31, 60e), au lieu du boulet que s’évitent l’ailier (5/7) et ses partenaires lancés idéalement dans le tournoi (*).

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(*) Les Bleus ont désormais rendez-vous dans la Poule B avec l'Autriche dimanche (18h15), puis la Biélorussie mardi prochain (18h15).