Deschamps ''tease'' sa liste des 23

Nous y voilà ! C’est sur le plateau du Journal de 20 Heures sur TF1, face à Gille Bouleau, que Didier Deschamps va jeudi soulager les uns et accabler les autres. Au lendemain d’une finale de Ligue Europa, qui aura c’est selon fait chavirer ou accabler Marseille, le sélectionneur tricolore livrera sa fameuse liste des 23 joueurs appelés pour le Mondial en Russie (14 juin-15 juillet), fruit de plusieurs mois d‘une intense réflexion, conditionnée ou non par cette ultime performance de l’OM.

L’abondance de talents du secteur offensif des Bleus fait évidemment planer la plus grande incertitude parmi ses attaquants au sujet desquels les arbitrages auront probablement été les plus difficiles à trancher. "Nous avons passé beaucoup de temps, a reconnu Deschamps mardi, dans un dernier entretien publié sur le site de la FFF. J’ai fait des choix au mois de mars, reconnaît-il, mais depuis, deux mois de compétition se sont écoulés." Au cours desquels le technicien et ses adjoints auront fait la synthèse, on l’imagine, d’une énorme somme d’enseignements et de conclusions. Et « DD » de lever quelque peu le voile sur la méthode : "Nous supervisons une bonne cinquantaine de joueurs. On se déplace ponctuellement. On se répartit les matches avec Guy (Stéphan). Franck (Raviot) supervise exclusivement les gardiens. Avec Guy, on regarde une douzaine de matches par week-end chacun, parfois en simultané", décrit le champion du monde 98, devant sa télé pour suivre les Marseillais mercredi, alors que le fidèle Guy Stephan devait être présent dans les tribunes du Parc OL.

Un portrait-robot

Avec là encore le stress d’une nouvelle blessure, qui viendrait frapper un des heureux élus. A chaque fois un drame : "J’ai fréquemment les joueurs par téléphone ou par SMS. Par exemple, dès que j’ai vu la blessure de Laurent Koscielny en direct à la télévision, je lui ai envoyé un SMS en plein match, il m’a répondu à la mi-temps puis on s’est parlé le lendemain." (*) Le malheur du Gunner fera le bonheur d’un de ses partenaires de sélection, qui pourrait être… Adil Rami.

Le défenseur marseillais répond-il au portrait-robot dressé par Deschamps ? "Pour la liste définitive, je ne vous cache pas que les choix s’opèrent entre des joueurs qui ont beaucoup, beaucoup de qualités, qui ont réalisé une très belle saison et peuvent présenter des statistiques avec leur club très, très bonnes", explique-t-il sans évidemment trop en dire. Avant de prévenir, si certains n’avaient pas compris les règles du jeu : "Je ne pourrai pas tous les prendre. Je n’ai que vingt-trois places. Il se peut que ça génère des débats, de l’incompréhension. Avec le staff, nous avons des informations en interne que tout le monde n’a pas à l’extérieur, et qui nous conduisent à prendre telle ou telle décision." Nabil Fekir sera-t-il du voyage ? Florian Thauvin sera-t-il récompensé de sa saison exceptionnelle ? Thomas Lemar gardera-t-il la confiance du sélectionneur ? Autant d’interrogations qui vont trouver leurs réponses ce jeudi, aux alentours de 20 heures.

"Ce groupe a un vécu, sur le terrain ou en dehors, décrit encore Deschamps. Le critère principal est sportif, évidemment. Quand on bâtit une liste, le choix du système compte, par exemple. C’est compliqué de prendre un joueur quand on sait que ce sera très difficile de l’utiliser. Il faut donc anticiper, prévoir un plan B, C voire D. C’est très complexe. Je vais décider, souligne-t-il, solennel. Et j’assumerai mes choix en sachant que je ne ferai pas que des heureux, qu’on me parlera davantage de ceux que je n’ai pas pris et qui auraient mérité d’être là." La règle est immuable. Mais tout sera pardonné si le coach a vu juste et que les Bleus vont au bout de leur rêve. 

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(*) Koscielny, blessé au tendon d’Achille lors de la demi-finale retour de Ligue Europa face à l’Atlético Madrid (1-0), a été opéré et sera absent des terrains jusqu’en décembre.