Deschamps, la tentation du changement

Panoramic

A l’Euro 2016, c’est à la mi-temps du 8e de finale contre l’Irlande, à Lyon, que Didier Deschamps avait basculé d’un 4-3-3 à un 4-4-2, afin de donner plus de libertés à Antoine Griezmann. Pour la Coupe du monde 2018, le sélectionneur des Bleus a changé son fusil d’épaule dès la préparation. Exit les deux systèmes utilisés en éliminatoires, place à un 4-3-1-2, un dispositif qui a été travaillé contre l’Irlande (2-0), l’Italie (3-1) et les Etats-Unis (1-1) avec plus ou moins de succès. Les trois joueurs offensifs placés dans l’axe n’ont pas réussi, par exemple, à forcer le verrou américain…

Pour quelles raisons "La Dèche" a-t-il donc instauré un nouveau schéma de jeu à deux semaines d’une si grande compétition ? "Si le coach a fait ça, c’est qu’il a estimé que ça allait apporter à l’équipe. On a une totale confiance en lui", a répliqué Kylian Mbappé, mercredi en conférence de presse à Istra. D'abord, le bloc est plus solide, puisque l'entrejeu à trois donne de l'assurance, quand le système avec deux milieux défensifs pouvait être débordé, comme contre la Colombie en mars (2–3). Et puis cela permet, aussi, à "Grizi" de rester dans une position axiale et à Mbappé de ne plus devoir défendre sur la droite.

Du coup, offensivement, le champion du monde 98 demande à ses trois joueurs offensifs de faire la différence entre eux. "On doit être mobiles, très mobiles, car sinon, on est regroupés dans l’axe. Mais si on n’y est pas un minimum, on ne touchera pas le ballon. Il nous demande d’avoir de la proximité, de ne pas être trop loin. On a les joueurs pour évoluer en attaque rapide, on est meilleur, mais on peut jouer en attaque placée", détaille ainsi Kylian Mbappé, qui est plus bavard que son sélectionneur au sujet de la tactique employée.

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L’avantage, aussi, est de pouvoir s’adapter à l’adversaire en utilisant Olivier Giroud, un avant-centre pivot, ou Ousmane Dembélé, un feu-follet. Mbappé rappelle les différents profils: "Avec Ousmane et Antoine ou avec Antoine et Olivier, c’est différent. Antoine est un peu plus meneur de jeu, il joue plus bas et sa qualité de passes nous permet de prendre la profondeur, de faire mal à l’adversaire. Oliv, lui, est un point de fixation, on s’appuie dessus". Le prodige de 19 ans précise enfin qu’il faut "s’améliorer dans le replacement" car "l’équipe ne peut pas être coupée en deux". Aux Bleus de rôder leur nouveau système. Rapidement.