[Billet] Coupe Davis : La dernière volonté du condamné

Par Thibault Le Rol

C’est un monstre à trois têtes qui nous attend ce week-end à Lille...


C’est un monstre à trois têtes qui nous attend ce week-end à Lille. Il y a bien entendu l’enjeu sportif, avec une finale et un doublé à aller chercher. Il y a aussi cette épée de Damoclès au dessus des Bleus, condamnés à gagner pour nous offrir un dernier tour de piste en novembre dans cette Coupe Davis en Version Originale. Et il y a Bernard Giudicelli, le président de la FFT, bien discret depuis que la réforme de la Coupe Davis a été adoptée, qui va devoir sortir du bois, attendu de pied ferme.

Un Nadal vous manque

Le sacre français de l’an passé conserve un drôle de parfum. Fade pour certains, avec une opposition minime toute l’année. Exaltant pour d’autres, avec un dixième saladier d’argent à la clé. Mais l’idée d’affronter l’Espagne de Nadal pour la dernière année de cette Coupe Davis, avant la guillotine, rassemblait et excitait tout le monde. Le taureau ne sera donc pas là. Et sincèrement, c’est bien triste ! Lui, le numéro 1 mondial, la légende vivante de son sport, incarnait tout ce dont on avait besoin pour un dernier (ou avant-dernier) grand week-end d’une histoire centenaire. Même les joueurs, et le capitaine Noah en tête, sont extrêmement déçus. Ce rendez-vous est donc moins sexy sans Rafa mais les chances de qualification des Bleus sont décuplées. Le romantisme ou le pragmatisme ? J’adore Coup de foudre à Notting Hill.

La victoire ou la guillotine

C’est donc un week-end à double tranchant. Soit les Français passent et filent en finale soit le couperet tombe et c’est la fin de l’histoire entre la France et cette épreuve dans sa version originale, aimée. Plus d’un siècle d’amour entre notre pays et une compétition hors-normes, emblème de ce sport. Il est donc essentiel de s’imposer ce week-end pour éviter une désillusion sportive et de nouvelles critiques à l’égard du tennis français qui vogue en eaux troubles. Nadal n’est pas là, pas de mauvaise blague ! Et il est absolument essentiel de s’imposer ce week-end pour prolonger l’idylle encore un peu. Pour s’offrir encore un week-end de romance, aux États-Unis (la boucle serait alors bien bouclée) ou contre les Croates. Bien plus que de la gagner une onzième fois, juste pour le plaisir de ces 3 jours à part, hors du temps, à domicile ou à l’extérieur. Ces 3 jours de Coupe Davis, quoi. Notre dernière volonté. Notre cigarette avant le Kosmos.

Giudicelli, l'épié de Damoclès

Il est un homme qui se sait attendu au coin du bois : Bernard Giudicelli. Absent des radars depuis l’adoption de la réforme de la Coupe Davis, qu’il a portée contre vents et marées, le président de la FFT va devoir répondre de cet acte, mais pas seulement. Oui les élus étaient majoritairement d’accord avec lui et ont accepté que la France porte cette réforme, mais que dire des joueurs et des acteurs du tennis français ? Tous ou presque sont montés au créneau pour s’inscrire en faux. Une situation qui résume le mal du tennis en France : ce sont les élus qui régissent. Qui aura le courage de changer ça ? Et puis Bernard Giudicelli sera également interrogé sur cet amendement, voté en catimini le meme jour que la réforme, qui lui permet de rester au board de la fédération internationale de tennis malgré une condamnation pour diffamation en France. Arrangement entre amis ?

Bref, ce week-end lillois s’annonce chargé.
Rendez-vous vendredi à 13h00 sur beIN 3.
Rafa n’est pas là. Les souris vont danser.

Voir sur beIN SPORTS