Champions Cup - La Rochelle, le défi du bizuth

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Faire de Toulon un modèle peut surprendre. Mais lorsqu’il s’agit d’évoquer la réussite européenne du RCT, il faut bien admettre que le club varois se pose là. Et pour le Stade Rochelais, qui marche sur les traces des Toulonnais dans la reine des compétitions continentales, l’exemple est tout trouvé.

Comme le club de Mourad Boudjellal qui, pour ses débuts en Coupe d’Europe lors de la saison 2010-2011, avait réussi un coup de maître en se hissant en quarts de finale de la compétition, avec à la clé une élimination à Barcelone face à l’Usap (29-25), les Maritimes ambitionnent de faire mouche dès leur première apparition en phase finale de cette Champions Cup.

"Montrer qu'on n'est pas des pipes"

 

La saison passée, l’apparition de l’équipe de Patrice Collazo en demi-finales du Top 14 s’était soldée par une défaite sur le fil face à… Toulon sur un drop assassin d’Anthony Belleau (18-15). Dix mois plus tard et les Rochelais retrouvent vendredi (18h30 en direct sur beIN SPORTS 2) ce parfum des phases finales. A l’échelle européenne. Sur la pelouse de la province galloise des Scarlets, bardée de ses innombrables internationaux gallois de retour du Tournoi des 6 Nations, mais qui n’affiche pas un vécu beaucoup plus impressionnant dans la compétition avec ce premier quart de finale depuis… 2007.     

"Il n’y a aucune question à se poser."

Alexi Balès

"Il n’y a aucune question à se poser. Se dire: « On est les bizuths de la compétition, on n’a pas d’expérience, on n’a pas ci, on n’a pas ça. » On a juste à prendre beaucoup de plaisir dans ce qu’on fait, dans notre jeu et les comptes, on les fera à la fin", lance en conférence de presse Alexi Balès, préféré au All Black Tawera Kerr-Barlow au poste de n°9. Pour un match où l’effet miroir pourrait jouer, prévient John Barclay, le capitaine de l’équipe d’Ecosse, qui vit sa dernière saison du côté de Llanneli. "On essaye de mettre beaucoup de rythme dans nos matchs. Mais La Rochelle a un peu le même style de jeu. Ça promet d'être une rencontre passionnante", assure le troisième ligne sur le site de l’EPCR, conscient toutefois qu’aucune autre équipe n’a fait mieux que La Rochelle en matière de franchissements (67) et de passes après contact (86) sur la première phase.

Premiers de poule avec une victoire à Londres, face aux Harlequins, qui a d’entrée posé les bases de cette campagne inaugurale, les Rochelais, moins fringants en 2018 (3 victoires en 8 matches), ne bénéficieront pas du soutien de leur formidable public de Marcel-Deflandre. Un handicap parmi d’autres avec les forfaits notamment de Victor Vito, meilleur joueur du dernier Top 14 et baromètre de l’équipe, de Geoffrey Doumayrou ou encore du capitaine Jason Eaton.

"On a quand même cet esprit de compétition, où tu as envie de te mesurer, qui plus est au rugby, où on a ce contact direct. Ça nous donne envie de nous mesurer et puis de montrer qu’on n’est pas des pipes, prévient Pierre Aguillon. Et puisque que si on est là aussi, on n’a peut-être pas cinquante sélections, même zéro, mais on mérite d’être à ce niveau-là et à cette place." (…) "Il faudra emmagasiner le maximum d’expérience, parce que ce sont des matches de très haut niveau, c’est un match de phase finale, et que dans la construction et l’évolution du club comme de l’équipe, ce sont des matches qui comptent. Pour la suite du championnat et pour l’avenir du club tout court." Une éventuelle demi-finale, à jouer sur la pelouse du stade Chaban-Delmas, permettrait déjà de faire mieux que Toulon. Dont on sait ce qu’il est advenu sur la scène européenne avec un triplé retentissant.