Dortmund garde le pouvoir

Reuters

Au cours de la semaine, le Borussia Dortmund et le Bayern Munich ont connu des fortunes diverses en Ligue des champions, face à une adversité il est vrai bien différente. Les pensionnaires du Signal Iduna Park ont chuté mardi sur la pelouse de l'Atlético de Madrid (2-0), pendant que les Bavarois sont allés chercher un succès attendu (2-0) contre l'AEK Athènes. Malgré la fatigue, les protagonistes des retrouvailles entre les deux grands rivaux allemands ont livré un match plein et explosif ce samedi, en match décalé de la 12e levée de Bundesliga. Les débats ont été particulièrement intenses, la dépense physique des joueurs évidente, sans pour autant que la qualité technique de la rencontre n'en souffre.

Et au final, ce sont les leaders du classement qui ont conforté leur domination, en s'imposant devant leur bouillant public (3-2), confirmant ainsi qu'il faudra plus que jamais compter sur eux pour mettre fin au règne des Munichois sur le championnat, règne qui dure depuis six saisons et un dernier titre glané en 2012 par... le Borussia. Mais tout n'a pas été simple pour Axel Witsel et les siens, loin de là. Pour preuve, le Bayern Munich frappe le premier, grâce à l'ancien protégé des fans du Borussen, Robert Lewandowski (26e). Le froid réalisme bavarois vient récompenser une forme de maîtrise collective des visiteurs, qui parviennent alors à gérer autant que possible les contres éclair des flèches adverses.

Les limites physiques du Bayern

Mais Marco Reus provoque avec malice un penalty qu'il transforme lui-même au retour des vestiaires (1-1, 49e). Et progressivement, la puissance physique du Bayern Munich est mise à mal par la vélocité et les course répétées de Jadon Sancho et des siens. Ce qui n'empêche pas le Polonais de s'offrir un doublé (1-2, 53e), et dans la foulée, Joshua Kimmich et Jérôme Boateng sauvent leur camp sur la ligne de but de Manuel Neuer. Le Borussia laisse filer des opportunités en or et va finir par le payer cash, du moins le pensait-on... Avant que l'expérience des tauliers du Bayern ne puisse plus compenser le différentiel physique avec les jeunes talents prometteurs de Lucien Favre. Des courses folles, répétées, usent notamment la charnière adverse composée de Mats Hummels et Jérôme Boateng.

Marco Reus égalise (2-2, 67e), mais l'appétit venant en mangeant, Paco Alcacer, entré une quinzaine de minutes auparavant, vient faire parler ses talents de buteur à la conclusion d'un contre parfait (3-2, 74e). Le Bayern Munich ne s'en relèvera pas, malgré un but logiquement refusé à Robert Lewandowski dans les dernières secondes. Et le Borussia Dortmund de l'ancien Niçois Lucien Favre compte désormais sept longueurs d'avance sur le tenant du titre au classement, alors que le Borussia Mönchengladbach d'Alassane Pléa est toujours intercalé. Pire, Thomas Müller et les siens pourraient être éjectés du podium dimanche en fonction des résultats du RB Leipzig et de l'Eintracht Francfort. Sans Arjen Robben, Thiago Alcantara, Corentin Tolisso ou Kingsley Coman, c'est plus dur, mais ça ne doit rien enlever à la nouvelle performance très aboutie de ce Borussia aux dents longues.