Une claque pour les Bleus

Reuters

Comme un air de déjà-vu… Avec une prestation défensive digne du triste quart de finale des Jeux Olympiques perdu face à l’Espagne (92-67), l’équipe de France a terminé sa phase de poules par une déroute concédée face à la Slovénie (95-78) mercredi, à Helsinki. Déjà battus par la Finlande et vainqueurs dans la douleur de la Pologne, les Bleus avaient encore la possibilité de terminer premiers du groupe A en cas de victoire par au moins trois points d’écart. Ils seront très loin du compte à l’arrivée, dominés dans tous les secteurs du jeu par cette formation slovène, seule équipe invaincue de la compétition avec l’Espagne.

Dès le début du match, on a vite compris que les hommes de Vincent Collet n’arriveraient pas à arrêter les Slovènes, emmenés par Goran Dragic, le meilleur marqueur du tournoi (25 points de moyenne, 24 sur ce match), et le prodige du Real Madrid (18 ans) Luka Doncic (15 pts, 9 rebonds). Après un premier quart-temps joué à cent à l’heure (28-22), l’écart s’est creusé dans le deuxième quart (52-35 à la pause), où les Bleus ont été "ridicules", selon le terme employé par Collet lors d'un temps mort pour secouer ses troupes.

Au retour des vestiaires, les coéquipiers de Boris Diaw arriveront à recoller à moins de 10 points (53-44, 24e)… avant d’encaisser un 12-0 rédhibitoire. Alors que l’écart a culminé à 29 points (75-46, 29e), il y aura un ultime sursaut avec 15-2 en début de quatrième quart-temps (79-67, 34e), gâché par le pétage de plomb d’Evan Fournier, pas dans son match (11 points en 18 minutes, et exclu pour deux fautes techniques. A l’arrivée, la différence de niveau était trop importante entre les deux équipes (4/20 à trois points pour la France…), malgré les timides efforts de Nando de Colo (16 pts) ou encore Boris Diaw (13 pts, 5 rebonds). 

"Ça nous prouve qu’on n’a aucune marge d’erreur, si on n’est pas intense, si on n’est pas dur, a constaté Léo Westermann sur Canal+ Sport. Ils nous ont donné une leçon de basket en première période. On a deux jours pour se remettre en question. Il faut que chacun prenne conscience de ce qu’il a à faire, dans l’intensité, dans la concentration, dans l’engagement, pour jouer au plus haut niveau européen. Pour l’instant, on n’y est pas."

Les Bleus vont maintenant quitter Helsinki pour rejoindre Istanbul, où se disputera la phase finale. En huitièmes de finale, ce sera l’Allemagne, sans Dirk Nowitzki mais le meneur des Atlanta Hawks Dennis Schröder. "Un match difficile, un match couperet, prévoit Nando De Colo. C’est l’équipe qui en voudra le plus qui aura un avantage." Si les Bleus montrent un autre visage, ce serait pour affronter l’Espagne, encore et toujours, en quarts de finale. Il y a de quoi avoir peur…