La qualif’ dans la douleur

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A trop jouer le feu, les Bleus ont bien failli se brûler à nouveau. Alors qu’elle semblait en net progrès, avec ses deux victoires de rang aux dépens de la Grèce et l’Islande, l’équipe de France est retombée dans ses travers face à la Pologne, mardi après-midi à Helsinki. Et il s’en est fallu de peu pour qu’elle subisse sa deuxième défaite dans ce groupe A, après celle concédée en ouverture contre la Finlande. Si le pire est évité (78-75), et la qualification pour les huitièmes en poche, ce genre de performance ne suffira pas pour aller loin dans le tournoi. C’est sûr.

Les joueurs de Vincent Collet ont mis un temps fou à trouver la bonne formule. Ce n’est qu’en début de dernier quart-temps qu’ils ont pris l’avantage pour la première fois dans ce match (61-59, 33e), sur un tir primé d’Edwin Jackson. S’en est suivie une fin de rencontre stressante qui a finalement tourné à leur avantage grâce à un homme: Thomas Heurtel. Branché sur courant alternatif depuis le début du tournoi, le nouveau meneur de Barcelone est sorti de sa boîte et a porté la sélection sur ses épaules, terminant avec 23 points (dont 21 après le repos), à 9/11 aux tirs.

"On a mal commencé mais on a montré un bien meilleur visage en deuxième mi-temps, a-t-il réagi sur Canal+ Sport. On a montré à tout le monde qu’on avait du caractère. Maintenant, il faut commencer les matches avec une autre mentalité." Contre la Slovénie mercredi, un rendez-vous décisif pour la première place, une entame aussi mauvaise pourrait être rédhibitoire. 9-0 et des pertes de balle à gogo: voilà comment les Tricolores ont lancé les hostilités face à des Polonais sans génie, en l’absence d’un Marcin Gortat forfait et d’un A.J. Slaughter cloué sur le banc.

Fournier et De Colo à la peine

Ni Evan Fournier (4 points à 2/7), ni Nando De Colo (8 points à 3/9), les habituels leaders offensifs, n’ont été en réussite et l’écart a longtemps oscillé aux alentours des dix unités (20-13, 10e). Si Aaron Cel et ses coéquipiers avaient été plus adroits avant la pause (0/11 derrière l’arc), ils auraient pris une avance considérable (34-26, 20e). Peut-être définitive. "C’était une première mi-temps totalement ratée, a admis Antoine Diot. On a voulu tuer le match trop rapidement, on a cherché la solution individuellement et ça a provoqué des pertes de balle."

Paradoxalement, c’est quand les Polonais ont réglé la mire au retour des vestiaires, avec cinq paniers longue distance réussis d’affilée, qu’ils ont vu les Français revenir sur leurs talons. Kevin Séraphin (8 points) est le premier à avoir sonné la révolte en contournant la montagne Przemyslaw Karnowski (2,14 m) sous le cercle. Un shoot longue distance de Boris Diaw plus tard, les Bleus étaient revenus à hauteur (52-51, 30e), Thomas Heurtel prenant ensuite les choses en main. Une grosse frayeur pour l’équipe de France, qui va vraiment devoir hausser son niveau.