Football/Espagne: Luis Rubiales élu président de la fédération

Reuters

 

La fédération espagnole de football (RFEF), qui n'avait plus de président depuis la destitution d'Angel Maria Villar en décembre, a élu pour lui succéder Luis Rubiales, ex-défenseur de Levante et ancien président du syndicat des joueurs espagnols, a-t-on appris jeudi.

Rubiales (40 ans) a été élu par l'assemblée générale de la RFEF dès le premier tour de scrutin avec 80 voix contre 56 pour Juan Luis Larrea, trésorier de l'époque Villar devenu président par intérim après les démêlés judiciaires de l'ancien patron du football espagnol.

Joueur à la carrière modeste, Rubiales s'est fait un nom en Espagne en menant les stars du Championnat d'Espagne à deux grèves retentissantes: la première pendant 15 jours en 2011 pour obtenir le versement de salaires impayés aux joueurs professionnels; la seconde, finalement annulée par la justice, pour obtenir en 2015 une meilleure répartition de la manne des droits télévisés.

Alors président du syndicat AFE (2010-2017), Rubiales était apparu martial lors d'une conférence de presse au printemps 2015, posant au premier rang avec derrière lui plusieurs champions du monde espagnols comme Iker Casillas, Sergio Ramos, Gerard Piqué, Andrés Iniesta et Xavi Hernandez.

Natif de Las Palmas (Canaries), le nouveau président de la RFEF a fait campagne sur une ligne rénovatrice quand Larrea, qui tentait de se démarquer de Villar, semblait incarner la continuité. 

Rubiales aura pour défi de remettre sur pied une institution grandement ébranlée par les ultimes années de l'interminable ère Villar (1988-2017) et plusieurs mois de vacance du pouvoir. Il a l'intention de maintenir en poste le sélectionneur Julen Lopetegui, dont le contrat actuel s'achève après le Mondial, mener un audit financier de la RFEF et changer l'organisation de l'arbitrage espagnol, très décrié.

Villar avait été suspendu en juillet dernier après avoir été placé deux semaines en détention dans le cadre d'un scandale de corruption au sein du football espagnol. Selon la justice, l'ancien vice-président de la Fifa et de l'UEFA est soupçonné d'avoir mis en place une structure qui permettait de détourner des fonds au profit de ses proches ou de lui-même.

L'élection de Luis Rubiales, dont le mandat court jusqu'en 2020, met également fin aux tensions entre le gouvernement espagnol et la Fifa, qui avait mis en garde la RFEF contre toute ingérence politique et agité le spectre d'une éventuelle suspension de la "Roja" pour le Mondial-2018.