Gianni Infantino lance sa campagne pour une réélection en 2019

AFP

Un compliment appuyé de Vladimir Poutine et une attribution du Mondial-2026 sans esclandres ni scandales: à un an de l'élection de la présidence de la Fifa, tous les voyants semblent au vert pour Gianni Infantino, qui a annoncé mercredi sa candidature, après avoir vanté les mérites de son premier mandat.

"Je vous annonce que je suis candidat à ma réélection", a lancé Gianni Infantino, président de la Fifa, en clôture du 68e Congrès réunissant les 210 fédérations affiliées, à Moscou à la veille du coup d'envoi du Mondial-2018 en Russie. Avec le sentiment du devoir accompli.

Tout d'abord, l'attribution du Mondial-2026 en faveur du trio Etats-Unis/Canada/Mexique, enjeu central de la réunion, s'est déroulée sans fausses notes ni accrocs.

Le vote électronique des 203 membres votants de la Fifa (sans les pays concernés ou trop liés), mis en place pour la première fois, "s'est passé merveilleusement bien" s'est félicité M. Infantino, satisfait de ce "processus inédit, clair et transparent".

Même le président de la fédération marocaine Fouzi Lekjaa, pays malheureux pour la 5e fois de son histoire, y est allé de son compliment : "Je félicite la Fifa pour la tenue de ce processus long, riche". Une ambiance aux antipodes de l'attribution simultanée des Mondiaux-2018 (Russie) et 2022 (Qatar), le même jour en 2010, qui avait soulevé une vague de polémiques et de soupçons.
                  
-  Chemin 'semé d'embûches' -                  
                  
S'il est conscient que ce chemin sera "semé d'embûches" jusqu'au Congrès électif qui aura lieu le 5 juin 2019 à Paris, Infantino, juriste italo-suisse de formation, a profité de la tribune du Congrès de la Fifa pour vanter son premier mandat (quatre ans tronqués par le fait que Sepp Blatter avait été élu avant de jeter l'éponge en raison des tourments de l'instance suprême du foot, ndlr).

"Deux ans et trois quatre-mois après mon élection, il est peut-être temps de regarder en arrière. Le 26 février 2016, le jour de l'élection, la Fifa était une organisation cliniquement morte", a-t-il déclaré dans son discours inaugural réalisé en quatre langues (français, allemand, anglais, espagnol). 

"Aujourd'hui, la Fifa est une organisation vivante, pleine de joie, de passion, avec une vision pour un avenir. J'ai été élu sur la base d'un programme et avec vous tous, on a essayé de le mettre en pratique", a ajouté l'ancien N.2 de l'UEFA.

Le dirigeant de 48 ans, qui s'est efforcé de redorer l'image de l'instance par la mise en place de réformes institutionnelles (limitation de la durée des mandats, contrôle d'intégrité des membres du Conseil...), a également mis en avant ses bonnes pratiques sur le plan financier.
                  
- 'Un combattant' selon Poutine -                  
                  
"Nous devons respecter les règles que nous nous sommes fixées, être transparents dans nos flux financiers", a-t-il plaidé devant les 210 délégués des fédérations membres présents. "Tout le travail n'est pas encore fini, j'en suis conscient. C'est simplement quand il y a un problème qu'on en parle dans la presse. Si quelque chose devait mal se passer, aujourd'hui on pourra intervenir dans tous les domaines qui nous intéressent."

Il a également affirmé vouloir faire une "révolution du système des transferts" pour "mettre un terme à cette image salie", "protéger les joueurs et les clubs qui forment les joueurs". 

"Si nous ne le faisons pas, la formation des talents sera mise à mal", a déclaré le boss du football mondial. "Certes, nous n'allons pas nous faire que des amis, mais cela ne va pas bien. Il faut trouver une solution."

L'ex-bras droit de Michel Platini n'a pas manqué enfin l'occasion de revenir sur l'apport de ses deux mesures phares: l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR), "bénéfique pour le football", et le Mondial à 48 équipes à partir de l'édition 2026, dont l'organisation a été attribuée mercredi au trio USA/Mexique/Canada.

Mais le clou de la journée vient peut-être de son invité d'honneur. "Il a repris la barre de la Fifa a un moment compliqué mais c'est un combattant", a déclaré le président russe Vladimir Poutine, saluant "son engagement dans les principes du sport" et son "ouverture d'esprit", avant d'échanger une franche poignée de main devant les photographes. La première image d'une campagne, bel et bien lancée.