Mondial-2018: à Moscou, les supporters exultent et reprennent espoir

AFP

 

"Finalement on n'est pas si mauvais!" Inattendue pour ses supporters les plus convaincus, la performance éclatante (5-0) de la Russie face à l'Arabie saoudite lors du match d'ouverture a ravi la fan zone de Moscou. Et redonné espoir.

"Nous croyons en eux, la Russie en avant!" exulte Pavel Stassiouk, 32 ans.

Marqué dès la 12e minute par Youri Gazinsky, le premier but a servi de libération à des fans peu confiants. Les quatre suivants de la "Sbornaïa" ont été accueillis par des cris de joie de plus en plus enthousiastes par les milliers d'amateurs réunis dans une ambiance très latine à quelques dizaines de mètres à peine du stade de Loujniki, au milieu d'un immense espace vert sur le mont aux Moineaux.

A chaque but au fond des filets saoudiens, la clameur a résonné plus fort dans la mégalopole russe. Au cinquième, juste avant le coup de sifflet final, la jubilation s'est emparée de la fan zone, où environ 200 supporters russes et péruviens se sont mêlés pour une danse endiablée, aux cris de "la Russie en avant!". 

"Je ne m'y attendais pas", reconnaît Maria Ilina, une mère au foyer de 33 ans. "Maintenant nous pouvons espérer que les choses ne vont pas aller si mal et que la Coupe va bien se passer."

La Russie championne du monde? Veronika Krivolapova, 34 ans, n'y croit pas mais sourit. "Je ne pense pas mais on espère! Qu'elle gagne! On sera là pour la soutenir à chaque match!"

Il faut dire que ce sont les piètres résultats de la sélection qui ont alimenté la chronique ces dernières semaines. Jusque dans les derniers jours, le pire était à craindre malgré les assurances du sélectionneur Stanislav Cherchesov.L'équipe n'avait plus gagné depuis un match amical contre la Corée du Sud (4-2) en octobre dernier. Selon les médias locaux, la Russie est ainsi le premier pays organisateur depuis 84 ans à débuter une Coupe du monde en n'ayant remporté aucun match dans les six mois précédant la compétition.

"J'étais vraiment inquiet mais finalement on n'est pas si mauvais!" savoure Anton Irofeïev, un commerçant de 29 ans.

 

- "Une fois dans sa vie" -                  
                  
Au moment du coup d'envoi, rares étaient ceux qui pariaient sur une victoire. Entre les chants des nombreux supporters d'Amérique latine et les danses traditionnelles cosaques présentées sur scène avant le match, l'ambiance était malgré tout à la fête. Et les supporters du monde entier disaient en grande majorité souhaiter la victoire du pays hôte dans cette zone festive située à côté de l'Université d'État de Moscou, dont le célèbre gratte-ciel stalinien surplombe le stade Loujniki.

"Je soutiens la Russie et j'apprends de nouveaux mots pour crier ma joie", s'enthousiasme Luis Carlos, un étudiant colombien de 25 ans, à Moscou pour la première fois.

Parmi la foule se trouvaient quelques invités de marque comme l'ancien international français Marcel Desailly: "Je veux que tout le monde profite et apprécie ce moment, la Russie est prête pour le football, la Russie est prête pour la Coupe du Monde".

Capable de recevoir jusqu'à 25.000 supporteurs, cette fan zone de Moscou doit accueillir des concerts, des spectacles et un immense écran géant pour les amateurs du ballon rond qui n'ont pas de billets.

Elle a provoqué cependant la colère des étudiants, inquiets des conséquences de la construction de cet espace dans l'un des poumons verts de la capitale.

Début juin, trois étudiants ont été arrêtés puis condamnés à des amendes pour "vandalisme" pour avoir tagué "non à la fan zone" en lettres rouges. 

 

Après la victoire russe, ces polémiques semblent bien loin, même si certains préfèrent garder la tête froide. 
"Je crois en notre équipe mais je comprends bien qu'elle ne sera pas championne du monde: on veut au moins passer la phase de groupe": explique Evguéni Voropaï, 29 ans.

Et peu importe le résultat: "on est venus pour la fête", assure Sergueï Sapouliak, qui a parcouru les 1.800 km séparant Tchéliabinsk (Oural) de Moscou pour l'événement. "Ce genre de championnat, cela n'existe qu'une fois dans sa vie".